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La République dans son ensemble a rendu, samedi à la morgue de l’hôpital Principal de Dakar, un vibrant hommage au «petit berger». Lors de la levée du corps, le président de la République, Macky Sall, prendra exemple sur le défunt, pour réitérer son appel au dialogue avec l’opposition.

Il est 10 heures à la morgue de l’hôpital Principal de Dakar. Le soleil darde ses rayons. Ce samedi matin, toute la République est venue à la morgue, assister à la levée du corps de Djibo Leyti Kâ rappelé à Dieu jeudi. La classe politique, avec à sa tête le chef de l’Etat, les familles religieuses, des personnalités de tous bords, des anonymes, personne n’a fait défaut. Une heure de temps pour le cérémonial. Au moment des discours, certains parents n’ont pu contenir leur émotion. Les larmes coulaient des yeux. Lorsque le cortège s’est ébranlé vers la mosquée omarienne pour la prière mortuaire, des femmes ont pleuré comme des enfants. Inconsolables, elles s’accrochaient aux bras de leurs proches. Auparavant, Macky Sall avait salué un homme qui «a aimé et servi loyalement et dignement son pays».
En présence de son ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, de Babacar Gaye et Madické Niang du Pds, pour ne citer que ceux-là, le président de la République n’a pas tari d’éloges à l’endroit du disparu. «Le défunt président de la Commission nationale du dialogue des territoires a été un véritable enfant de la République. Et c’est sans doute cet enchevêtrement de sa personne avec l’Etat qui a déterminé en partie la vie politique de Djibo Leyti Ka», dira Macky Sall. Et de renchérir : «Dans son livre, Un petit berger au service de la République et de la démocratie, Djibo Kâ disait : «La politique n’est pas une logique. Elle est souvent une dynamique dont la maîtrise et la conduite nécessitent de la lucidité, du courage, de la volonté et de la détermination pour vaincre les résistances inévitables au changement qu’imposent le contexte et les aspirations des masses.».»
Le décès du patron de l’Union pour le renouveau démocratique (Urd) a donné à Macky Sall l’occasion de réitérer son appel au dialogue lancé à l’opposition lors de la fête de Tabaski. «En ces moments d’ultimes adieux à notre compatriote Djibo Leyti Ka, j’invite tous les acteurs politiques à méditer ses propos afin que nos différences ne priment point sur l’exigence de préserver en priorité les intérêts supérieurs de notre Peuple et de notre Nation.» Il a ainsi appelé Me Abdoulaye Wade et Cie à la table de discussion. Et d’ajouter : «Nous avons perdu un grand homme d’Etat au parcours politique exceptionnel. Nous venons de perdre un homme de dialogue rétif au dogmatisme et au sectarisme, un homme ouvert et disponible.»
Prenant la parole, l’autre grand Serigne de Dakar a abondé dans le même sens. Papa Ibrahima Diagne a exhorté pouvoir et opposition à taire leurs querelles politiques et à dialoguer pour l’intérêt de la Nation. Pour lui déjà, le rassemblement de la morgue, avant-hier, devait être perçu comme une marque de dialogue. Parlant de l’homme d’Etat Djibo Kâ, qui «est parti avec ses secrets», Papa Ibrahima Diagne a dénoncé l’attitude de certains ministres qui, après avoir quitté un gouvernement, se lancent dans des déballages. Le «berger de la République» repose désormais au cimetière mu­sulman de Yoff.
msakine@lequotidien.sn

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