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L’Alliance des syndicats autonomes de la santé surprend le gouvernement et revient sur sa décision de suspendre son mot d’ordre. Elle va poursuivre la rétention de l’information sanitaire et sociale. Les syndicalistes accusent l’Etat de rompre le principe d’équité dans le traitement des agents en créant de nouvelles indemnités pour les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, laissant ainsi en rade leur revendication à propos de leur régime indemnitaire.

L’Alliance des syndicats autonomes de la santé Asas/Sutsas/Sudtm and gueusseum revient sur sa décision de lever son mot d’ordre de suspension du boycott des programmes et de rétention des informations sanitaires et sociales. Les res­ponsables syndicaux de cette alliance sont très remontés contre le gouvernement qui, selon eux, a pris une mesure discriminatoire. Ce mercredi, le Conseil des ministres a adopté un décret portant création d’une indemnité de représentation médicale au profit des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes laissant en rade les syndicats regroupés au sein de cette alliance.
Or, le gouvernement avait tenu «la promesse ferme» à ces syndicalistes d’ouvrir des négociations sérieuses sur le régime indemnitaire à l’instar d’autres travailleurs du secteur public. Une rencontre entre le gouvernement et And gueusseum avait été prévue, puis reportée, d’après les explications du secrétaire général du Sutsas. And gueusseum fustige l’attitude du gouvernement qui, selon le porte-parole du jour, ne s’était pas embarrassé des résultats de «l’étude sur le système de rémunération des agents de la Fonction publique quand il a créé de nouvelles indemnités pour certaines catégories socioprofessionnelles ou revoyait à la hausse des indemnités déjà existantes pour d’autres» en parlant des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Pour le responsable syndical, l’Etat a rompu le principe de l’équité dans le traitement de ces agents. Aux yeux des syndicalistes, cela ne saurait être accepté car, disent-ils, «les travailleurs sont d’égale dignité».
L’Alliance a décidé ainsi de poursuivre le mot d’ordre de rétention des informations sanitaires et sociales en guise de mesure conservatoire et demande à ses membres «de produire les informations, mais de se garder de les transmettre encore moins de renseigner la plateforme Dhis2 jusqu’à nouvel ordre», insiste Mballo Dia Thiam en conférence de presse.
Les syndicalistes rajoutent à cette revendication la dette de la Couverture maladie universelle (Cmu) qui, selon eux, «met à genoux les structures sanitaires et hospitalières, nonobstant les 3 milliards 668 millions annoncés par le ministre de la Santé et de l’action sociale et non encore mobilisés». And gueusseum avait suspendu son mot d’ordre de rétention des informations sanitaires et sociales pour montrer sa disponibilité pour le maintien d’un climat social apaisé malgré la volonté de la base qui, selon M. Thiam, «souhaitait la poursuite de la lutte jusqu’à la satisfaction totale des points de revendications légitimes». Cette suspension faisait suite au 10ème plan d’action qui avait permis la satisfaction des points relatifs aux salaires des contractuels, des indemnités de départ à la retraite des personnels retraités des collectivités territoriales, et à certains textes réglementaires.
ndieng@lequotidien.sn

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