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Il aura suffi de deux mois, deux petits mois, pour que l’ancien coordonnateur national du Prodac revienne aux affaires. Jean-Pierre Senghor va occuper le poste de ministre-conseiller du chef de l’Etat. Le Président Macky Sall, qui l’avait limogé le 4 janvier dernier, a décidé de le réhabiliter en le nommant à ces nouvelles fonctions.

Jean-Pierre Senghor ne chôme pas. L’ancien coordonnateur national du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) a été en effet réhabilité par le chef de l’Etat qui avait décidé de son limogeage lors de la réunion du 4 janvier dernier du Conseil des ministres. Le Quotidien a appris de bonne source que le Président Macky Sall a décidé le 2 mars dernier de le nommer aux fonctions de ministre-conseiller à la présidence de la République. M. Senghor devient ainsi le premier Sédhiouois à être élevé au rang de ministre sous le magistère du Président Macky Sall.
Le départ de Jean-Pierre Senghor du Prodac avait suscité moult protestations du côté de la région de Sédhiou. Les populations locales, très satisfaites du travail abattu par l’ancien coordonnateur national avec les nombreux fermes et domaines agricoles communautaires mis en place par sa structure durant les deux années qu’il a eu à diriger le Prodac, avaient vivement réclamé son retour à la tête de cette structure. Les domaines agricoles communautaires d’Itato dans la région de Kédougou, de Séfa dans la région de Sédhiou, de Keur Samba Kane dans la région de Diourbel et tout prochainement celui de Sangalkam, entre autres, constituent des réalisations de Senghor. Et la courbe empruntée par le Prodac n’était pas mauvaise. La preuve, avec les nombreux financements à coup de plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa obtenus auprès de plusieurs bailleurs de fonds dont la Banque islamique de développement (Bid).
Avec le limogeage d’alors de Jean-Pierre Senghor, les questionnements ne s’étaient pas estompés pour autant. Et l’on ne manquait pas de se demander si le Prodac n’avait-il pas fini de susciter des convoitises au niveau de certaines sphères insoupçonnées de l’Etat ?
A son passage à l’émission «Le Grand jury» de la Rfm du 8 janvier dernier, le ministre de la Jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne n’était pas parvenu à édifier l’opinion sur les raisons du limogeage du responsable du Prodac. Et pour justifier le départ de Senghor, Mame Mbaye Niang soutenait : «On ne peut pas être en conflit. C’est moi qui l’ai (Jean Pierre Senghor) proposé sans l’avis de personne. C’est moi qui ai proposé qu’il soit relevé. C’est suite à une évaluation, à notre volonté d’améliorer…» Et le ministre de poursuivre à l’époque : «Je n’accuse personne, je dis que c’est suite à une évaluation qui a pour objectif d’améliorer notre façon de faire et d’optimiser les ressources qu’on a pour impacter plus de jeunes Sénégalais. Après avoir évalué les projets, on pose des actes pour corriger.»
Toujours est-il que la décision du chef de l’Etat de nommer Jean-Pierre Senghor ministre-conseiller vient battre en brèche les arguments de ses accusateurs.
mdiatta@lequotidien.sn

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