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La campagne pour la collecte de la caution de Khalifa Sall a été réactivée hier au cours d’une conférence de presse. Pour réunir 1,8 milliard de francs Cfa, il est demandé dans cette initiative «citoyenne» des amis du maire de Dakar, 1 000 francs Cfa à ceux qui vivent au Sénégal. Au niveau de la diaspora, c’est 2 euros en Europe et 2 dollars aux Etats-Unis.

Jusqu’ici les politiques ont tenté de mener le combat pour la libération de Khalifa Sall. Sans succès. Place au combat citoyen. D’ailleurs, lors de la conférence de presse d’hier, les initiateurs de la campagne de collecte de la caution pour la libération de Khalifa Sall insistent : «Ce n’est pas un combat politique.» Il s’agit, entre autres, de Mamadou Mignane Diouf accompagné de Nicolas Ndiaye (à ne pas confondre avec le Sg par intérim de la Ld), Fanta Diallo, Bassirou Samb et Elimane Racine Sy. Lancée lors de la campagne électorale, l’initiative a été mise en stand-by «pour que le discours politique n’inhibe pas le discours citoyen». Aujourd’hui, le dispositif mis en branle permet de collecter l’argent via des comptes bancaires et des opérateurs mo­biles. «Des Sénégalais d’ici et d’ailleurs, épris de paix, ont déjà donné leurs contributions», se réjouit Mignane Diouf, par ail­leurs coordonnateur du Forum social sénégalais. Cette campagne de collecte va dépasser les frontières du Sénégal. Ainsi, les amis de Khalifa Sall dans la diaspora seront aussi sollicités. M. Diouf déroule le modus operandi : «On demande 1000 francs Cfa aux Sénégalais pour la libération du maire de Dakar, 2 euros à ceux qui sont établis en Europe et 2 dollars aux compatriotes vivant aux Etats-Unis. Ce, pour réunir la somme de 1,8 milliard de francs Cfa, la caution demandée pour libérer le maire de Dakar.»
Khalifa Sall, en prison depuis le 7 mars dernier, est accusé de «détournement de deniers pu­blics, escroquerie portant sur des derniers publics, complicité de faux en écriture de commerce, faux et usage de faux en écriture publique et blanchiment» dans l’affaire dite de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar. Cependant, en engageant le combat pour payer la caution, ses amis ne reconnaissent-il pas les faits reprochés au maire de Dakar ? «Bien sûr que non. Tous ceux qui ont suivi ce dossier savent qu’il est cousu d’injustice du début à la fin. C’est un dossier aux relents politiques. Personne de nous ne cautionne ce qu’on reproche à Khalifa Sall», précise Mignane Diouf. Le collectif a également balayé d’un revers de la main l’idée selon laquelle le maire de Dakar serait derrière leurs actions. «Khalifa n’est pas d’accord. Depuis le premier jour qu’il a été interpellé, des proches à lui étaient prêts à mettre la caution sur la table du juge. Khalifa a dit niet, argumentant que ce qu’on lui reproche n’a rien de véridique. En tant qu’amis à lui, nous avons pris notre propre initiative pour le sortir de prison», explique-t-il.
Du côté des avocats du maire de Dakar, l’on a toujours refusé l’éventualité d’un cautionnement. En conférence de presse en juin dernier, Me Ciré Clédor Ly et Cie avaient cependant tenu à préciser : «La caution est la garantie de représentation. Ça n’a rien à voir avec la culpabilité ou une quelconque reconnaissance de l’infraction.» Depuis son élection le 30 juillet, la défense s’active pour obtenir la liberté d’office du maire de Dakar, sur la base de son «immunité parlementaire».

bgdiop@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Beaucoup s’agitent, s’activent subjectivement sans une réelle conscience de la portée néfaste et anachronique de leurs gestes et actions sur le cours des choses. C’est acte de complicité que d’encourager la banalisation du mal. Il s’agit d’une forte demande sociale recommandant de lutter plus efficacement contre un fléau qui gangrène notre société et hypothèque l’avenir de la nation entière. Une caution quelconque ne devrait intervenir pour amoindrir l’action de la justice une fois enclenchée. Prenons conscience qu’il s’agit d’une démarche adéquate pérenne pour mettre fin à l’impunité et dissuader la commettance d’actes frauduleux au détriment des deniers et biens de l’état. Ce n’est pas assez d’avoir des lois et règlements, mais le principal est de les appliquer sans que rien d’extérieur ne vienne ni en interrompre ni empêcher ni influencer le cours normal d’exécution.

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