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Présumé innocent dans l’affaire dite la Caisse d’avance de la mairie de Dakar, Khalifa Sall a été investi tête de liste nationale de la coalition Manko taxawu Senegaal aux élections législatives du 30 juillet prochain. Pour ses avocats, il  reste «électeur et éligible». En conférence de presse, hier, Me Seydou Diagne et Cie ont toutefois admis que même si Khalifa Sall est élu député, les poursuites peuvent se poursuivre.

Hier, le maire de Dakar a bouclé ses 100 jours de détention préventive à la prison de Rebeuss. Loin de la chaleur carcérale, les avocats de Khalifa Sall se mobilisent pour préserver ses droits civiques et politiques. Aujourd’hui, la défense accuse le pouvoir de vouloir barrer la route à l’édile de la capitale. En conférence de presse, mercredi à l’Hôtel de ville de Dakar, Mes Seydou Diagne, Demba Ciré Bathily et Issa Diop, membres du pool d’avocats constitué d’une dizaine de conseillers, ont soutenu mordicus que leur client conserve bel et bien ses droits. «Par-delà la violation de ses droits politiques, il y a une tentative de le priver d’exercer ses droits civiques. Au moment où nous en sommes, ce n’est pas une question pour nous, d’inéligibilité. Mais tout est organisé pour entraver ses droits à ce qu’il participe au scrutin, les prochaines Législatives», soupçonne Me Seydou Diagne.
Me Demba Ciré Bathily embouche la même trompette. Il dit : «C’est quelqu’un qui jouit de tous ses droits civiques et politiques. Notre Constitution prévoit que tous les citoyens, qui jouissent de leurs droits civiques et politiques, doivent pouvoir les exercer. Cela comporte le droit d’être électeur et le droit d’être éligible. Et Monsieur Khalifa Sall est électeur et il est éligible.»
Au-delà du débat sur l’éligibilité ou non de la tête de liste nationale de la coalition Manko taxawu Senegaal, une autre question se pose : Est-ce que le prisonnier pourra siéger à l’Assemblée nationale, en cas de sacre ? D’emblée, Me Seydou Diagne a évoqué la séparation des pouvoirs. Pour lui «si demain, il (Khalifa Sall) est élu député, il aura effectivement cette qualité de parlementaire. Il est évident que ce n’est pas parce qu’il sera élu député qu’automatiquement la justice va s’effacer pour annuler son dossier ou le faire sortir». Il ajoute : «Les prérogatives du juge, de la justice n’ont rien à voir avec un mandat de député.»

«Que Khalifa Sall exerce son droit de vote et batte
campagne »
En attendant cette éventualité, les avocats de la défense «exigent la libération immédiate» de leur client. «Nous demandons en tout état de cause que l’Etat du Sénégal prenne des mesures nécessaires pour permettre à ce citoyen d’exercer son droit de vote et de faire sa campagne électorale comme le lui permet la Constitution de la République du Sénégal et les différents textes et règlements qui régissent la République du Sénégal», avertissent Me Seydou Diagne et Cie.
Face à la presse, les conseillers de Khalifa Sall sont aussi revenus sur l’opération de recouvrement de la caution engagée par des proches de Khalifa Sall pour monnayer sa liberté. Me Demba Ciré Bathily se veut clair : «La caution est la garantie de représentation. Ça n’a rien à voir avec la culpabilité ou une quelconque reconnaissance de l’infraction.»
Après avoir dénoncé les «restrictions» liées aux visites dont doit bénéficier le maire de Dakar, les avocats ont confirmé les deux pourvois en cassation déposés à la Cour suprême. Il s’agit de la  demande de mise en liberté provisoire rejetée par le Parquet et qui a été confirmée par l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Mais aussi de la requête aux fins  d’annulation de toute la procédure introduite auprès de la même chambre, «en raison des nombreux manquements sur les droits de la défense».
Khalifa Sall a été inculpé pour «détournement de deniers publics, recel de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics et association de malfaiteurs».
msakine@lequotidien.sn

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