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Le Sénégal n’est pas classé parmi les meilleurs pour le respect de la liberté de la presse dans le monde. Mais, notre pays fait quand même des efforts. En atteste le dernier classement de Reporters sans frontières, qui classe notre pays à la 58ème place. Un bond de 7 places comparé à 2016 où il était à la 65ème.

58ème dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2017, le Sénégal a gagné 7 places par rapport à 2016 où il occupait la 65ème place. Si ce résultat traduit le fait que «les atteintes contre les journalistes se sont espacées ces dernières années», Reporters sans frontières (Rsf) estime toutefois que «certains sujets restent tabous au Sénégal». A ce propos, Rsf souligne dans son document sur la situation de la liberté de la presse dans le monde, qu’au Sénégal «plusieurs médias ont été convoqués et intimidés pour avoir rapporté des faits de corruption». «En 2016, la radio du groupe de presse Walfadjri a subi des pressions et évité de peu sa suspension pour avoir laissé un auditeur critiquer le Président. En avril, trois journalistes ont été emprisonnés pour diffamation après avoir informé le public qu’une personnalité sénégalaise avait été inculpée pour trafic de faux billets, des faits pourtant avérés», a-t-on fait savoir dans le document. Partant de ces faits, Rsf déclare que «l’étau se resserre autour des médias». De même, cette organisation pour la défense de la liberté de la presse déplore le fait  que  «l’adoption du Code de la presse, qui dépénalise les délits de presse, soit en suspens depuis 2010».

Norvège première, Corée du Nord dernière
Concernant la situation dans le monde, Rsf fait remarquer que «même les habituels bons élèves nordiques sont pris en défaut». Dans son document, l’organisation souligne que «la Finlande (3ème, -2) qui occupait la tête du classement depuis six ans cède sa place, pour cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts, au profit de la Norvège (1er, +2), qui ne fait pas partie de l’Union européenne». Une situation analysée par Rsf comme étant  «un coup dur pour le modèle européen». Dans le classement, on note que la deuxième position est occupée par la Suède qui gagne six points. D’après Rsf, même si «les menaces à l’égard de journalistes perdurent» dans ce pays, «les autorités ont adressé des signaux très clairs en condamnant leurs auteurs à plusieurs reprises cette année». «La collaboration entre certains médias ou syndicats de journalistes et la police est également perçue comme une avancée dans la lutte contre ces menaces», a-t-on expliqué. S’il y a de bons élèves, il y en a aussi de mauvais. C’est le cas de la Corée du Nord, qui occupe la dernière place du classement. «Le régime nord-coréen continue de maintenir la population dans l’ignorance et la terreur. Le simple fait d’écouter une radio basée à l’étranger peut d’ailleurs valoir un séjour en camp de concentration», a-t-on dénoncé. En autorisant l’accès au pays à des équipes de médias étrangers étroitement surveillées, l’Erythrée (179éme) a pour la première fois depuis 2007, cédé la dernière place du classement à la Corée du Nord. Dans cette liste on retrouve aussi des pays comme «le Turkménistan (178e), l’une des dictatures les plus fermées au monde dans laquelle la répression contre les journalistes ne cesse de s’intensifier, et la Syrie (177e), plongée dans une guerre sans fin, qui reste le pays le plus meurtrier pour les journalistes».

«La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée»
Parlant de la Syrie, Rsf renseigne que les journalistes sont «pris en étau entre un dictateur sanguinaire et des groupes djihadistes». D’ailleurs concernant l’exercice de la profession de journaliste, Rsf renseigne que la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient, avec la Syrie mais aussi le Yémen (166e, +4), «reste la région du monde où il est le plus difficile et dangereux pour un journaliste d’exercer». «Non loin derrière, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale. Près des deux tiers des pays de cette zone pointent autour ou derrière la 150e place du classement. Au-delà de la descente aux enfers de la Turquie, l’année 2016 a été marquée par une reprise en main des médias russes indépendants, tandis que les despotes de l’espace post-soviétique, du Tadjikistan (149e) au Turkménistan (178e) en passant par l’Azerbaïdjan (162e) ont perfectionné leurs systèmes de contrôle et de répression», a-t-on ajouté. Classant l’Asie-Pacifique à la 3ème position, Rsf fait savoir que c’est la région de tous les records. «Elle regroupe les plus grandes prisons du monde pour les journalistes et les blogueurs, tels la Chine (176e) ou le Vietnam (175e) ; elle compte dans ses rangs des pays parmi les plus dangereux pour la profession, comme le Pakistan (139e), les Philippines (127e) et le Bangladesh (146e) », a-t-on souligné.
Par ailleurs, Reporters sans frontières attire l’attention sur le fait que «la liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée». D’après cette organisation, «l’indice global n’a jamais été aussi élevé». «En l’espace de cinq ans, l’indice de référence utilisé par Rsf s’est dégradé de 14%. Cette année, près des deux tiers (62,2%) des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation tandis que le nombre de pays où la situation pour les médias est considérée comme «bonne» ou «plutôt bonne» a diminué de 2,3%», a-t-on informé.
dkane@lequotidien.sn

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