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Cette année, le festival à Sahel ouvert, qui s’est déroulé à Mboumba les 14, 15 et 16 Février, a choisi de poser une réflexion autour des ressources en eau. Pour les populations, l’occasion était belle pour soumettre le projet de réhabilitation du Loboudou à la Société d’aménagement des terres de la vallée (Saed). Par la voix du Délégué de Podor, la société a pris l’engagement de réhabiliter les 337 ha de ce casier, inexploité depuis plusieurs années.

Dans le cadre du festival à Sahel ouvert de cette année, les populations de Mbou­mba ont souhaité que le périmètre de Loboudou soit réhabilité. Qu’est-ce que la Saed compte faire ?
Je suis venu ici à Mboumba représenter le Directeur général de la Saed (Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta : Ndlr), empêché, à l’occasion du festival du Sahel ouvert inscrit dans l’agenda culturel de la commune et au-delà du département de Podor. Comme vous le savez, la Saed est présente dans la vallée du fleuve Sénégal pour promouvoir l’agriculture irriguée sur la rive gauche. C’est pourquoi, le comité d’organisation, conscient de ce rôle dans l’amélioration des conditions de production des populations, a jugé nécessaire d’inviter le Directeur général pour co-animer ce forum sur «Eau et agriculture» qui répond d’ailleurs, à notre devise : «L’agriculture irriguée est notre métier.» En marge de ce forum, nous avons visité le casier de Loboudou Mboumba composé de 4 Gie (Groupement d’intérêt économique) pour une superficie totale de 337 ha. Cette visite nous a permis de constater le niveau de dégradation assez avancé. Je rappelle que le périmètre n’est plus exploité depuis plusieurs années. En effet, la commune ne dispose que d’un seul périmètre de 100 ha où les attributaires ont chacun moins de 0, 2 ha, ce qui est faible du reste pour répondre aux besoins alimentaires des populations. C’est pourquoi, la Saed a déjà enrôlé le casier de loboudou Mboumba dans le cadre du portefeuille de requête de financement en vue de réhabiliter les 337 ha avec une possibilité d’extension d’une trentaine d’hectares. Le dossier est en cours d’instruction pour la recherche d’un bailleur. Il faut préciser que le cas de Loboudou mboumba rentre dans le cadre global d’une politique d’un meilleur accès aux outils de production seul gage de l’atteinte des objectifs d’autosuffisance en riz dans le Podor et de faire jouer le département sa contribution de la part attendue de la vallée du fleuve Sénégal. Dans la commune, nous avons aussi visité la Sipa (Sociétés d’intensification de la production agricole : Ndlr) qui est en pleine production de pomme de terre et le groupement féminin Naafore qui fait un excellent travail avec une bonne dynamique organisationnelle. D’ailleurs, leur périmètre est éligible dans le cadre du Programme d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (Pariis). Toutes ces activités nous confortent que le festival, en dehors du rendez-vous culturel, est surtout source de développement.

A Podor, dans cette quête vers l’autosuffisance alimentaire en riz, quelle est la place du département et quels sont les facteurs de risque sur l’agriculture irriguée ?
L’Etat du Sénégal, à travers son ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural, a fait des efforts importants en améliorant la base productive par l’augmentation des superficies aménagées. Sur le volet mécanisation, le département de Podor a beaucoup progressé en matière d’accès aux tracteurs et aux moissonneuses batteuses par l’entremise du programme d’équipement rural. Tous ces efforts, en plus de l’engagement des producteurs autour de leurs Gie et unions hydrauliques, dressent un tableau assez satisfaisant pour la production rizicole. A titre d’exemple, les superficies cultivées en riz toutes campagnes confondues sont passées de 10 000 ha en 2012 à 13 000 ha en 2019 pour une production actuelle de l’ordre de 84 000 tonnes de paddy largement au-dessus des besoins, si l’on se réfère à la norme de 85 kg/tête/an. Cela ne suffit pas certes, puisque la production du département de Podor, vu son potentiel irrigable de 140 000 ha, est mesurée également à l’aune de sa contribution aux efforts globaux de la Vallée. Pour les risques, ce sont les risques inhérents aux activités de production dont les facteurs les plus limitants sont l’eau. Par exemple, il y a le cas du Ngalenka où il faut assurer régulièrement la maintenance. Parmi les autres facteurs de risque, il y a le calendrier cultural par une bonne planification du démarrage des campagnes, le crédit agricole, puisque le non-remboursement au niveau de la Banque agricole a un impact sur les campagnes, mais aussi tous facteurs climatiques. A ce niveau, il faut noter la non-souscription de l’assurance agricole.

Podor a un potentiel élevé en terres cultivables. Qu’en est-il de l’eau ?
Dans le département de Podor effectivement le potentiel irrigable est de 140 000 ha. Bien entendu, il ne s’agit pas d’un objectif puisque les autres usages aussi sont importants. Aujourd’hui, on est autour de 30 000 ha aménagés avec plus de la moitié cultivée en riz et l’autre portion destinée aux cultures de diversification comme la tomate et l’oignon qui sont très présents à Podor. Tout potentiel en terres a besoin d’eau pour être exploité convenablement. A ce niveau, le département de Podor est bien desservi en axes hydrauliques. Le fleuve Sénégal longe la Délégation Saed de Podor sur près de 300 km, les deux défluents le Doué et le Gayo respectivement sur 245 et 60 km. En plus de ses axes, le marigot du Ngalenka a été recalibré sur un linéaire de 36 km dans sa partie amont et près de 20 km dans sa partie aval. Tout ce potentiel en eau pourrait être utilisé selon la zone où on se situe et selon les campagnes. Toutefois, ces ressources importantes en eau du département doivent être utilisées en toute responsabilité et surtout en ne perdant pas de vue qu’il faut les sauvegarder pour les générations futures. Le département offre beaucoup de possibilités en matière de diversification. Il s’agit principalement de la tomate autour de 1000 ha par campagne et l’oignon 3 000 ha, ce qui confère à la Délégation de Podor le statut d’épicentre de la production d’oignon au niveau de la vallée. Sur les 7 000 ha cultivés en saison sèche froide, plus de 50% sont cultivés dans le département.

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