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Nommée à la tête de la société pétrolière British petroleum pour le Sénégal et la Mauritanie en janvier 2017, Mme Emma Delaney est chargée, entre autres, de la mise en place de la nouvelle région d’exploitation en amont ainsi que de la gestion du partenariat entre Bp et Kosmos energy, en vue d’explorer et développer un bassin d’hydrocarbures émergent et d’envergure mondiale entre la Mauritanie et le Sénégal. Dans l’échange qui suit, réalisé en marge d’un atelier tenu par sa société sur la «Gouvernance des ressources pétro-gazières et les leçons du passé», la responsable de Bp ne fait pas mystère des attentes que nourrit sa société par rapport aux gisements découverts au large de nos côtes et de l’usage qui peut en être attendu.

Bp a acquis près de la moitié des actions de Kosmos energy Sénégal. Si vous êtes si convaincue de la rentabilité et investissement, pourquoi ne pas avoir cherché à en avoir plus ?
En fait, récemment nous avons aussi pris les parts d’un autre partenaire minoritaire. Donc, actuellement nos parts sont d’environ 60%. Nous avions commencé ce partenariat avec Kosmos energy, mais nous sommes très heureux de posséder une majorité d’actions. Nous pensons que le bloc a un grand potentiel, un potentiel de classe mondiale. Et c’est cela qui a motivé Bp à venir au Sénégal.!

Bp n’a pas voulu faire comme un autre major qui a, lui, préféré acquérir un bloc et faire de l’exploration. Elle a préféré acquérir des parts sur un projet déjà avancé. Quel est pour vous l’avantage de votre manière de procéder par rapport aux autres ?
Je pense que partout à travers le monde, il y a plusieurs manières différentes d’entamer l’exploitation des blocs dans l’industrie des hydrocarbures. Et souvent, cela dépend de l’opportunité que l’on peut avoir à un moment particulier. Pour nous, le partenariat avec Kosmos est très important, parce qu’elle est bien connue pour être une grande compagnie d’exploration. Et Bp a une expertise avérée en matière de développement et d’exploitation des hydrocarbures. Et pour preuve, Bp a commencé environ sept mégaprojets à travers le monde, très significatifs, dont six d’entre eux portent sur du gaz.

Les découvertes du pétrole et du gaz ont suscité beaucoup d’espérance au sein de la population. Pensez-vous que tout ce bruit autour des hydrocarbures au Sénégal est bon pour votre business ?
L’objectif de Bp est de faire en sorte que nos promesses puissent être tenues. Il y a beaucoup de potentiels au Sénégal. Le premier projet est la première découverte de Kosmos, qui a été faite en 2015, et se trouve à la frontière avec la Mauritanie. Et nous avons passé beaucoup de temps cette année pour mettre en place le concept pour exploiter ces réserves de gaz. Nous visons l’exploitation pour 2021. Et nous pensons que cette énergie va permettre au Sénégal d’améliorer son électrification, ainsi que d’acquérir des revenus substantiels dans le futur qui pourront permettre à l’Etat de faire des investissements. Il s’agira également d’accroître le niveau de compétence professionnelle des gens aux Sénégal. Cela se fera aussi bien dans la maîtrise de l’anglais qui est la langue de travail dans l’industrie des hydrocarbures. Mais nous allons aussi commencer dans les années à venir des cours de formation professionnelle.

Vous avez exprimé l’ambition d’aider le pays à assurer son électrification. Or, on sait tous que le déficit en énergie a toujours été l’un des points faibles du Sénégal. Maintenant, selon quelle modalité pensez-vous pouvoir livrer au Sénégal une partie de votre production en hydrocarbures ?
S’agissant de la ressource tirée du projet Tortue (à la frontière avec la Mauritanie), l’énergie sera envoyée sur le marché international pour être commercialisée. Mais il y aura aussi la possibilité de fournir environ 200 Mw de gaz aux centrales électriques. Donc, nous étudions comment travailler avec la diversité des acteurs ici au Sénégal pour pouvoir rendre cela rapidement possible.

Quels mécanismes allez-vous mettre en place pour pouvoir expliquer à l’opinion sénégalaise que c’est une bonne chose que Bp soit en train de travailler ici et que cela ne se fait pas au désavantage de la population ?
Une grande partie du travail que nous faisons, comme aujourd’hui (avec l’atelier et la conférence du lundi 16, Ndlr), porte sur la communication. Cela concerne la manière dont, dans l’industrie des hydrocarbures, nous créons des opportunités de travail pour les gens. C’est une longue marche, et nous n’en sommes qu’au début. Mais à Bp, au moment où nous avançons au Sénégal vers la phase de développement et de l’exploitation, nous sommes déterminés à aider à la compréhension des modes de fonctionnement de l’industrie du pétrole et du gaz.

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