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«Culturellement, Mboro est morte.» Ce constat de Mbaye Ndiaye, artiste comédien, résume la situation de la culture dans cette commune du département de Tivaouane. Elle ne dispose pas de salle de spectacle. Les gérants de la boîte de nuit «5/5 ou encore Mbolo» ont mis la clé sous le paillasson depuis plus d’une décennie. Selon plusieurs habitants, pour se détendre, les jeunes organisaient leurs soirées dans la grande salle de réunion du projet «Diappo». Mais depuis un certain temps, les responsables ne mettent plus leurs locaux à la disposition de la jeunesse. Une seule alternative s’offre aujourd’hui aux jeunes : louer la salle de la mission catholique. Pour y tenir une activité, il leur faut débourser entre 70 à 75 mille francs Cfa. Selon Mbaye Ndiaye, ceux qui avaient essayé la location ont fini par y mettre un terme, parce qu’elle n’était pas rentable. Alors pour se divertir, les jeunes vont à Thiès ou à Tivaouane.
Quant aux acteurs de théâtre, ils manquent d’espace pour leurs répétitions. Au quartier Médina Gounass, Mbaye Ndiaye et sa troupe Dekkal Thiossane s’exercent dans un petit espace, dans la cour de sa demeure. Mais souvent, dit-il, ils se rendent au bord de mer pour leurs séances de répétition, faute d’infrastructures culturelles dans la ville. Même situation pour la troupe Diappo Percussion de l’artiste Ibra Mbaye qui joue du djembé. M. Ndiaye informe que le lieu où ils faisaient leurs répétitions est devenu un centre pour enfants. Pourtant, dit-il, la troupe avait gagné les phases régionales et nationales de théâtre. Autre chose qui intrigue l’acteur culturel, c’est la gestion du compte Facebook de la commune. «Si tu tapes sur internet commune de Mboro, la page de la commune s’affiche, mais comme contenu, on ne voit que des activités consacrées à la commune de Darou Khoudoss. Il n’y a pas une seule activité que Mboro a mise sur sa page», regrette-t-il.
Pour faire revivre la culture, le comédien donne des pistes de solutions. «On doit avoir des infrastructures ici. Mboro, c’est la capitale de la grande côte. Il faut que les autorités voient Mboro comme un pôle culturel. C’est possible. Il faut que celles locales croient en la culture. Je lance un appel au président de la République, Macky Sall, en lui demandant de croire à ce que disait le Président Léopold Sédar Senghor : La culture est au début et à la fin de tout développement», soutient-il.
Il estime aussi que sa ville d’accueil mérite d’être soutenue. Parlant des acteurs qui ont marqué l’histoire de Mboro, il cite le vieux Modou Kane qui fut le premier à interpréter le rôle de Lat Dior Diop dans toute la région. Ce dernier, renseigne-t-il, est aujourd’hui réparateur de pneus au garage de la ville. Il y a aussi Lamane Thioune qui a décliné l’offre de la troupe Daray Kocc qui voulait le débaucher. Anta Seck qui était à Daray Kocc est native de Mboro, Khady Diédhiou qui a gagné le Clapivoire de Côte d’Ivoire, en cinéma, et qui a réalisé la série Nafy, est également de Mboro.
msakine@lequotidien.sn

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