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Cela fait deux mois que les compétitions de la Ligue professionnelle de football sont à l’arrêt. Et avec la propagation du Covid-19, c’est le flou total quant à un éventuel retour sur les terrains. Directeur exécutif de la Ligue Pro, Amsatou Fall n’écarte aucune issue, même celle d’un arrêt définitif de la saison. L’ancien coach des Lions est aussi revenu sur les difficultés financières des clubs liées à cette pause forcée. Mais l’espoir est permis avec le «Force-Covid-19».

Après près de deux mois d’arrêt des compétitions spor­tives, quelles sont les conséquences au sein de la Ligue professionnelle de football ?
Je pense qu’avec la pandémie liée au Covid-19, cette crise sanitaire qui a frappé tous les pays du monde est d’une ampleur et d’une gravité sans précédent. Cette crise a profondément modifié nos vies, nos habitudes et a impacté forcément nos activités professionnelles, mais aussi nos relations sociales. Nous allons vers le deuxième mois ou même le troisième mois sans rencontre sportive. Tous les rassemblements publics sont également interdits. Du coup, concernant son fonctionnement, la Ligue professionnelle ne peut pas se rassembler au niveau de ses instances régulières que sont le bureau et le Conseil d’administration. Mais nous ne sommes pas restés les bras croisés, puisque nous travaillons par visioconférence pour gérer la crise. Maintenant, pour ce qui est des autres conséquences, elles sont essentiellement de deux ordres : sportif et financier. Pour le volet sportif, le calendrier habituel n’est plus de mise. Les dates ne sont plus d’actualité. Au niveau des échanges et partages, nous avons mis trois projets de calendrier. L’un commence à partir de mai, ce qui n’est plus d’actualité parce que la pandémie est toujours présente. L’autre au mois de juin, et le dernier en juillet.
Au niveau financier, forcément il y a des manques à gagner. Quand vous n’avez plus de recettes au niveau billetterie, quand vous avez toujours des charges à payer, quand vous n’avez plus les sponsors qui ne peuvent plus honorer leur engagement parce qu’il n’y a plus de compétition, ça fait beaucoup. Les clubs constituent des entreprises sociales, sportives et traversent des manques à gagner énormes.
Alors, quels sont les schémas possibles pour sortir de cette situation après ces deux mois d’arrêt des compétitions ?
Le président de la République a mis en place un programme de résilience économique et sociale pour des subventions (Force-Covid-19). Alors, nous avons fait une évaluation au niveau de tous les clubs et travaillons chaque semaine en visioconférence pour parler de la situation. Nous avons donc évalué le manque à gagner par club en termes de nombres de licenciés, de sponsors pour faire une évaluation, même si elle n’est jamais précise parce qu’il y a une spécificité pour chaque club. Nous avons fait un document que nous avons envoyé au ministre des Sports pour qu’il le transmette au niveau du ministère des Finances et du budget.
Peut-on avoir le montant global de cette évaluation ?
Je ne pourrai pas donner de chiffres, mais si notre demande est validée, elle va régler ce problème de manque à gagner.
Peut-on penser à un arrêt définitif de la saison avec l’évolution de la pandémie et le deadline du 5 mai de la Caf ?
Ah Oui ! Ce n’est pas à écarter. D’ailleurs, c’est l’un des sujets que nous avons abordés. Aujourd’hui, avec la situation actuelle que nous vivons, il est difficile de se projeter dans la période post-pandémie. On ne sait pas quand cela va se terminer. Mais la possibilité de reprise également du championnat professionnel est toujours envisageable. Ce qui fait donc qu’il est difficile, à la limite même prématuré aujourd’hui, de parler d’arrêt de la saison. Mais dans tous les cas, les deux schémas doivent être envisagés. Si on ne veut pas que cette pandémie n’impacte l’autre saison à un moment donné, il faut s’arrêter. Nous sommes en train de réfléchir pour, d’ici juin ou juillet, voir s’il faut arrêter ou poursuivre la saison.
Comment appréciez-vous la situation que vivent la Ligue Pro et les clubs ?
Nous vivons cette situation avec beaucoup d’inquiétude, de difficultés liées à des manques à gagner. Nous pensons également à la Fédération qui est bénéficiaire des subventions de la Fifa et qui a toujours subventionné l’ensemble du mouvement associatif, notamment des clubs. Nous pensons que hormis ce programme, nous serons éligibles. Les présidents de club sont également des chefs d’entreprise qui créent des emplois, qui ont des charges aussi bien les joueurs et entraîneurs, mais aussi du personnel d’appoint. Donc, c’est en toute légitimité que nous lançons cet appel à l’Etat (Force-Covid-19) et aussi à la Fédération.
Comptez-vous beaucoup sur cette subvention de la Fifa ?
Effectivement ! La Fifa a annoncé qu’elle va subventionner la Fédération pour qu’elle règle son manque à gagner à son niveau d’abord, mais également au niveau de ses clubs. Donc forcément, la Fédération pensera aux clubs de la Ligue professionnelle.

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