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Sédhiou a mal apprécié le limogeage du coordonnateur national du Programme des domaines agricoles communautaires (Pro­dac). La mesure tombée mercredi dernier est assimilée à une pilule difficile à avaler.
«C’est un manque total de considération à l’endroit de toute une région», fulmine Aliou Diallo, deuxième vice-président du Conseil départemental.
«En mettant fin aux fonctions de Jean Pierre Senghor, le Président a rendu caduc le décret qu’il a pris en faveur d’un fils de la région depuis son accession à la magistrature suprême», commentent les jeunes.
En conférence de presse hier dimanche, ils ont dénoncé la défénestration de Jean-Pierre Senghor qui, selon eux, n’est que la dernière manifestation de mépris du pouvoir à l’endroit de Sédhiou.
Par la voix de Amadou Lèye Konté, ils ont analysé la situation : «Pas un seul Sédhiouois promu ministre, pas un seul Sédhiouois vice-président ou membre du bureau de l’As­sem­blée nationale encore moins élu sur la liste nationale, pas un seul membre du bureau du Conseil économique, social et environnemental, pas un seul dans le bureau du Haut conseil des collectivités territoriales. Pis, non content de nous traiter en parent pauvre, le pouvoir en place considère les Sédhiouois comme les parias du régime : parmi les 70 membres désignés à la discrétion du chef de l’Etat, aucun Sédhiouois ne figure. Nous ne pouvons avoir ne serait-ce qu’un seul piètre poste de Pca. Nous n’avons qu’un seul directeur national, celui du Cosec, et il l’a été à la faveur d’un décret de Abdoulaye Wade.
Dès lors, la question qui s’impose à tous les Sédhiouois et que l’on pose au pouvoir en place est la suivante : Est-ce que nous avons fait quelque chose contre ce régime qui continue de nous snober ? On ne peut accepter non seulement qu’on écarte systématiquement les fils de Sédhiou de la gestion du pays comme des pestiférés, mais aussi et surtout qu’on insulte l’intelligence des Sédhiouois en insinuant leur incapacité à gérer ou à diriger. L’affront est au summum et nous comptons laver cette dégradation dont le régime fait montre à notre égard en sanctionnant ce pouvoir qui nous considère comme la 5e roue de la charrette.
Nous considérons que quand on gère un pays on doit prendre en compte les équilibres. A titre d’illustration, pour les nominations, Kolda a 14 décrets, Ziguinchor 19, Fatick 47 et Sédhiou…00. C’est juste une comparaison, car ils doivent en avoir et encore plus. Mais ce qui est remarquable de ce point de vue, c’est que cet Etat ferme les yeux sur la question du déséquilibre criard, manifeste et, à la limite, méprisant. A partir de ce moment, nous initierons des actions de désobéissance civile, car nous estimons que les Sédhiouois sont des Sénégalais à part entière et non des Séné­galais entièrement à part.
Pour ce faire, entre autres actions, nous initierons des journées mortes qui paralyseront toutes les activités, des campagnes de dénonciation et, in fine, nous appellerons les populations à sanctionner, à la hauteur de l’affront, ce régime qui continue de nous toiser et de nous humilier.»
odemba@lequotidien.sn

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