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Me Moussa Diop a été remplacé par Omar Bounkhatab Sylla, à la tête de Dakar dem dikk. Ce limogeage intervient quelques jours seulement après qu’il a affirmé que le Président Sall en est à son 2ème mandat et donc qu’il ne peut en faire un 3ème qui serait un «coup d’Etat» comme l’ont dit les Présidents bissau-guinéen et nigérien.

Depuis quelques jours, l’imminence de son limogeage était sur toutes les lèvres. Finalement c’est hier, en Conseil des ministres, que Me Moussa Diop a sauté. Il est remplacé par Omar Bounkhatab Sylla, qui était jusque-là Directeur général de la Société anonyme Les Grands Trains du Sénégal (Gts-S.A.), mais aussi magistrat de profession et leader du mouvement politique Valeurs. Dans un post sur Facebook, il a réagi à son limogeage : «Je remercie le Président Macky Sall de m’avoir fait l’honneur de servir les Sénégalais avec patriotisme, rigueur et loyauté à Dakar dem dikk pendant six années, un mois et dix jours. Merci aux salariés de cette belle entreprise pour leur dévouement au travail. Nous avons tenté, ensemble, de moderniser ce patrimoine national autant que faire se peut. Bon courage pour la suite.» Alors, pourquoi donc ce départ du directeur de Dakar dem dikk dans ce contexte ? Beaucoup le mettent dans le lot des «victimes du 3ème mandat». Et c’est sa sortie sur ce sujet, sur Sen tv, qui aurait mis un coup d’accélérateur sur ce limogeage. Tout a commencé par des questions sur la crise politique au Mali et la responsabilité de Ibrahim Boubacar Keïta. «Le coup d’Etat, si c’est une solution il faut y aller. Je suis très clair dans ce que je dis, le Peuple malien a souffert. Ce n’est pas que je suis en train de faire la promotion des coups d’Etat, non. On peut vous élire démocratiquement, mais si vous ne faites rien on vous fout dehors. Comment pouvez-vous organiser des élections législatives alors que votre principal opposant est enlevé, et on ne sait même pas s’il est mort ou pas», a dit Moussa Diop. Qui estime d’ailleurs que «cela doit servir de leçon à tout le monde». Mais la question qui fâche au Sénégal, c’est bien celle du 3ème mandat. «J’ai aussi entendu d’autres chefs d’Etat de la Cedeao sur la question comme celui de la Guinée-Bissau et celui du Niger», a-t-il rappelé. En fait, Umaro Sissoco Embaló et Mahamadou Issoufou avaient déclaré que le 3ème mandat est aussi une forme de coup d’Etat. Alors, la journaliste de Sen Tv lui demande s’il dirait la même chose. La question est délicate, mais il crache un «Je confirme» laconique. Mais de toute façon, Moussa Diop est convaincu que «le débat (sur le 3ème mandat) ne s’est pas posé et ne se posera pas au Sénégal». Vient donc la réponse qui aurait motivé les limogeages de Sory Kaba de la Direction des Sénégalais de l’extérieur et de Moustapha Diakhaté de son poste de ministre-conseiller. «Donc, le Président Macky Sall en est à son 2ème mandat ?», lui demande-t-on. Il répond : «Oui. Je sais ce que vous voulez dire, je comprends bien le français, j’ai fait 25 ans en France et je suis diplômé. Second ou deuxième (mandat), ça m’est égal, c’est de la littérature. Ce qui est clair, c’est que vous n’avez pas entendu, comme en Guinée ou en Côte d’Ivoire, le Président Macky Sall dire : ‘’Je vais briguer un 3ème mandat.’’». Voilà ce qui serait à l’origine de son départ de Dakar dem dikk.

Ilaa Fouta…
Pourtant, le maintien de Moussa Diop à la direction de DDD au lendemain de la Présidentielle de 2019 a surpris plus d’un. Non content de la défaite de son candidat, Macky Sall, dans cette ville, il avait déclaré : «J’ai une grande déception parce que même tout à l’heure je disais que j’ai vraiment envie d’aller louer un Caterpillar pour enlever Ilaa Touba et mettre Ilaa Fouta.» Une sortie qui n’a pas été appréciée par les mourides et surtout qui avait gêné le Palais. Au point même que des médias avaient annoncé son limogeage. Mais l’homme faisait face encore à un autre front, celui de Macky 2012. Certains de ses camarades comme Adji Mergane Kanouté, Mohamadou Moustapha Diagne et Cie qui l’avaient choisi comme coordonnateur en 2019 l’en ont exclu, mais lui continue de revendiquer la coordination de cette coalition qui avait porté le Président Sall au premier tour de la Présidentielle de 2012.

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