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Depuis 2011, Lionel Croes avait un projet de film sur les talibés. Mais il lui a été difficile de trouver un financement. Aujourd’hui, après avoir obtenu l’appui de la délégation Wallonie Bruxelles et de certains partenaires, il ressort des «placards» ce projet intitulé Sam Rak et qui coutera 50. 000 Euros (Environ 32 millions 750 000 francs Cfa).  Le jeune lauréat du trophée «belge du bout du monde», lors d’un déjeuner de presse, a informé hier, qu’il est aujourd’hui à la recherche de 16 millions de francs Cfa au Sénégal, pour «boucler le budget et lancer en juillet prochain le tournage de ce film». Selon Lionel Croes plusieurs autorités au Sénégal ont été approchées dans ce sens.
«Jusque-là nous avons bon espoir que le Conseil économique, social et environnemental (Cese) apportera un appui financier», a-t-il dit. L’équipe du film qui a également rencontré le ministre de la Culture Mbagnick ndiaye, espère le soutien de son département, même si elle regrette de n’avoir pas vite déposé ce projet afin de bénéficier du Fopica. D’autres autorités tels que le médiateur de la République Alioune Badara Cissé ou encore le directeur de Teranga Fm, Golbert Diagne de Saint-Louis, ont reçu l’équipe avec des mots d’encouragement. Lionel Croes prépare en réalité, le tournage de Sama Rak  avec la collaboration du Youtubeur «Dudu fait des video», de Pa Oumar Diop et Bamba Tall de la série «Pod et Marichou». L’histoire qu’ils veulent mettre en image est celle d’un jeune adolescent blanc de passage au Sénégal, et est en pleine remise en question de son style de vie occidental. Il décide donc de partir en vacances dans l’hôtel de son oncle et y rencontra Daouda, un enfant mendiant, battu qui, lui aussi, se demande où le mène son existence.
Selon le synopsis du film, les deux jeunes sympathisent et comparent ce qu’ils ont dans leur vie : l’un a des moyens financiers et une éducation de qualité, et l’autre est abandonné par sa famille et mendie pour survivre. Mais «par un procédé magique, ces deux individus vont se réveiller dans la vie, le corps de l’autre, et là commenceront leurs aventures interculturelles, qui risquent bien de les faire se retrouver dans des situations plutôt cocasses».  Cette fiction pleine d’humour sera tournée à Toubab Dialaw, Saint- Louis et Dakar. Le casting est prévu au mois de mai prochain. Mais l’équipe de tournage est essentiellement déjà composée. Si l’on en croit Lionel Croes et ses amis, «ce film veut intégrer dans ses protagonistes un enfant mendiant pour pouvoir mettre en lumière cette problématique, qui touche plus de 700 000 enfants au Sénégal». «Le haro doit être tiré. Sama Rak fera sonner le tocsin et interpellera le plus grand nombre de personnes….Nous sommes tous responsables de ces enfants», mentionne le jeune réalisateur.
Pour réaliser ce film, il a choisi une approche basée sur une collaboration entre Européens et jeunes Sénégalais. «Nous sommes composés d’une équipe de quatre Belges, quatre Séné­galais et un Français», a expliqué Lionel Croes qui a fait ses études de sociologie au Sénégal, où il vit depuis une dizaine d’années dans une famille de pêcheurs. Il a fondé l’Association Solidarité Bel­gique-Sénégal et a voulu il y a 5 ans réaliser avec une troupe sénégalaise un film qui traiterait de la différence de perception des noirs par les blancs et vice-versa. Le scénario qu’il réalisera a finalement été co-signé par les jeunes acteurs du Sénégal. Abass Diaw de la délégation Wallonie Bruxelles présidant ce déjeuner de presse, a non seulement au nom du délégué général de la Wallonie-Bruxelles, félicité ces jeunes pour leur projet, mais il a surtout évoqué l’intérêt que cette institution porte sur cette problématique de l’enfance. M Diaw qui a rappelé les différents programmes auxquels collabore la Wallonie Bruxelles et qui concernent l’appui à la protection des mineurs a surtout fait cas de l’idée de la délégation de saisir ce partenariat avec le projet Sama Rak, pour tendre vers la «mutualisation de la fiscalité dans le domaine de la production au Sénégal»
arsene@lequotidien.sn

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