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Sans surprise, Khalifa Sall et Karim Wade ne seront pas candidats à la Présidentielle du 24 février. Le Conseil constitutionnel en a décidé ainsi, se basant sur les condamnations définitives des 2 opposants, présentés comme de sérieuses menaces pour le candidat sortant Macky Sall.

Sur les 7 candidats retenus à l’issue des vérifications des parrainages, seuls 5 sont passés sans grosse surprise. Il s’agit de Macky Sall, Ousmane Sonko, El Hadji Issa Sall, Idrissa Seck et Madické Niang. Khalifa Sall et Karim Wade ont été recalés. Pourtant pour l’ex-maire de Dakar, la lueur d’espoir a longtemps été entretenue, mais la flamme s’est finalement éteinte hier. Se basant sur la condamnation qu’ils jugent définitive de Khalifa Sall à 5 ans de prison ferme prononcée par la Cour suprême le 3 janvier dernier, les 7 «Sages» en déduisent que le candidat de la coalition Taxawu senegaal ak Khalifa Ababacar Sall a perdu son statut d’électeur conformément à l’article L57 du Code électoral.
Et c’est le Procureur général près la Cour suprême qui a saisi le Conseil constitutionnel après la notification de l’arrêt de condamnation aux avocats de l’ex-édile de la capitale, la semaine dernière. «Considérant qu’en l’espèce, il résulte de l’arrêt n° 001 rendu le 3 janvier 2019 par la Cour suprême et transmis au Conseil constitutionnel par le Procureur général près ladite Cour que le pourvoi en cassation formé par Khalifa Ababacar Sall est rejeté», motive le Conseil constitutionnel. Avant d’ajouter : «Considérant que l’arrêt de rejet a pour effet de rendre exécutoire l’arrêt de la Cour d’appel qui conserve ce caractère tant que la décision de la Cour suprême n’est pas rétractée…»

Le Conseil anticipe sur le rabat d’arrêt
Finalement, la haute juridiction tranche que le rabat d’arrêt que les avocats de Khalifa Sall vont introduire ce mardi n’a pas de caractère suspensif sur la condamnation du député non-inscrit. «Considérant que le caractère suspensif du pourvoi en cassation en matière pénale a pour effet d’empêcher l’exécution de l’arrêt de la Cour d’appel avant l’expiration du délai d’exercice du pourvoi en cassation et, en cas d’exercice du pourvoi dans le délai, jusqu’à la décision de la Cour suprême s’il s’agit d’un arrêt de rejet et, au-delà, s’il s’agit d’un arrêt de cassation (…). Considérant que Khalifa Ababacar Sall ne peut plus se prévaloir de la qualité d’électeur au sens des articles L.27 et L.31 du Code électoral ; que, par suite, ne remplissant pas la condition prévue par l’alinéa 1er de l’article L.57 du Code électoral, il ne peut faire acte de candidature à l’élection présidentielle», écrivent Pape Oumar Sakho et ses collègues.
L’article L.57 est également le bourreau de Karim Wade, condamné par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) le 23 mars 2015 à 6 ans de prison ferme. Dans la même veine, les juges ont rappelé les dispositions de l’article L.116 du Code électoral qui énumère pour les candidats à la candidature les pièces à fournir. Et là aussi, l’ancien ministre d’Etat a présenté la photocopie de la carte d’identité biométrique Cedeao, «carte dont la photocopie produite comporte la mention ‘’personne non inscrite sur le fichier électoral’’ et, de ce fait, ne peut tenir lieu de carte d’identité biométrique faisant office de carte d’électeur», mentionne le juge constitutionnel.
Le Conseil estime que l’extrait du casier judiciaire produit par Karim Wade mentionne sa condamnation par la Crei et que, dès lors, le candidat du Pds «n’a pas la qualité d’électeur au sens des articles L.27 et L.31 précités et, pour cette raison, ne peut faire acte de candidature».
Khalifa Sall et Karim Wade n’ont plus qu’une seule carte, celle de la réclamation dans les 48 heures. Et le 20 janvier, le Conseil arrêtera la liste définitive.
bgdiop@lequotidien.sn

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