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La direction de la cinématographie et la communauté cinématographique du Sénégal, se sont rassemblées hier, au sein des ex locaux du service d’hygiène sis à Dakar-Plateau, pour tirer à boulet rouge sur le maire Alioune Ndoye. Ce dernier veut récupérer ce site qui a été attribué en 2008 aux cinéastes et qui devrait abriter le Centre technique de production cinématographique et audiovisuelle. Pour le directeur de la cinématographie Hugues Diaz,  il est urgent que l’Etat tranche cette question.

Hier, la direction de la cinématographie et la communauté cinématographique du Sénégal se sont données rendez-vous au sein des ex locaux du service d’hygiène sis à Dakar-Plateau pour tirer la sonnette d’alarme sur le contentieux, qui les oppose à la mairie de Dakar Plateau. Ce contentieux concerne le projet d’érection d’un Centre technique de production cinématographique et audiovisuelle sur le site de l’ex service d’hygiène. En réalité, en 2008 à l’occasion de la commémoration du 1er anniversaire du décès de Ousmane Sembène, le président de la République Abdoulaye Wade avait pris une décision «symbolique», consistant à octroyer à la communauté cinématographique, les anciens locaux du service d’hygiène de Dakar-Plateau. Les acteurs avaient alors décidé d’en faire un Centre technique de production cinématographique et audiovisuelle. Hugues Diaz l’actuel directeur de la cinématographie, se rappelle que c’était un acte salutaire. «Tous les cinéastes, les hommes de culture l’avaient salué».
En 2012 la direction de la cinématographie avait fait appel à l’Agetip pour conduire les travaux estimés à 1 milliard. Mais de 2012 jusqu’en 2015, Hugues Diaz soutient que c’était un parcours du combattant. «Les professionnels du cinéma, de l’audiovisuel ont mis toutes leurs énergies pour décrire le centre qu’ils voulaient et les moyens nécessaires déterminés». Aujourd’hui, il n’est donc pas question pour M. Diaz de baisser les bras face au forcing du maire de Dakar-Plateau Alioune Ndoye. «Une fois les travaux démarrés en juin 2015, le maire de Dakar-Plateau nous a adressés,  à notre grande surprise, une correspondance pour dire que ces locaux, lui appartiennent et qu’ils lui ont été affectés par l’acte 3 de la décentralisation. Notre projet est antérieur à l’acte 3. Voila un maire qui nous dit d’arrêter un projet d’envergure national…», explique Hugues Diaz. Malgré les réunions de conciliation, explique le directeur de la cinématographie, «le maire est allé loin, jusqu’à détruire des biens appartenant à l’Etat : une Pagero  et un véhicule appartenant à la direction du livre», explique-t-on.

L’Etat invité à arbitrer
«Hier (Ndlr, avant-hier), et la semaine dernière des engins sont venus pour démarrer des travaux de la mairie de Dakar-Plateau», renseignent les acteurs du cinéma, qui se disent frustrés par cette attitude. Pour eux, c’est une offense au secteur de la culture et  aux acteurs du cinéma. «Ces lieux nous ne les avons pas squattés, c’est l’Etat à travers l’agence du Patrimoine bâti de l’Etat qui nous l’a affecté, les papiers, sont là (Ndrl : il montre les papiers)», crie Hugues Diaz, d’après qui force restera à la loi. Pour lui, la prochaine étape sera de saisir la justice. «On a été très polis et on a longtemps attendu le règlement du conflit, mais on s’éternise alors que c’est une urgence». Pour lui, il faut passer à une étape supérieure, mais il espère encore que les autorités compétentes trouveront des solutions et appelle surtout l’Etat, l’autorité suprême, à se saisir de la question pour trancher. «Nous interpellons toutes les autorités au plus haut niveau. L’admi­nis­tration c’est une continuité. Le Président a dit que cette année sera une année culturelle, le signal fort qu’il faut donner, c’est de trancher court avec ce problème du service d’hygiène», a-t-il dit, avant d’expliquer combien la construction de ce centre technique de production cinématographique et audiovisuelle sera utile aux cinéastes.
«Ce centre de production va se focaliser sur la post-production. Un aspect de la cinématographie que nous n’avons pas encore. Pour terminer nos films nous sommes obligés de dépenser beaucoup d’argent. Nos cinéastes, sont témoins, ce sont d’énormes sacrifices. La priorité, c’est de résoudre ce problème de post-production, où on aura des studios d’étalonnage, de mixage, de doublage et même deux auditoriums qui feraient office de studio de formation pour les jeunes qui veulent se perfectionner», a renseigné le directeur de la cinématographie. Il ajoute qu’ «Une cinématographie  sans un outil technique, ce n’est pas de la cinématographie». Des propos qui démontrent que ce projet lui tient à cœur. Comme à tous les acteurs du secteur.

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