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Pour ceux qui ne le savent pas, le Narang se situe dans le département de Bignona, commune de Kataba 1. Cette dernière comprend le Narang Ouest et le Narang Est. Une partie de cette zone se situe en Gambie.
Les villages du Narang sont Katack, Mahmoudan Diola, Koudioubé, Dombondir, Macou­da, Touba, Madina Daffé, Koulobory, Dimbaya, Badjiran, Séléty, Diénounkounda, Missirah, Tambacounda, Kabékel, Couram, Tambouye, Barakessé, Djibara, Woniak, Suzana, Taliboubess, Samboulandiang, Poukéne, Djilacoum, Darsalam Chérif, Koulandiang, Daroul-Khaïry, Kataba 1, Kataba 2 et Kataba 3.
Tous ces villages se trouvent dans la commune de Kataba 1, à l’exception de ceux de la Gambie. Aujourd’hui, certains de ces villages connaissent des litiges transfrontaliers. C’est le cas de Touba Trankil.
Les populations de Touba Trankil, à travers les ondes de la Rfm, ont lancé un cri du cœur parce qu’elles sont illégalement dépossédées de leurs terres par l’Armée gambienne.
Raison pour laquelle les habitants de cette localité lancent un appel aux autorités afin d’éviter l’irréparable. Lassana Diémé, Malang Sambou et Aïcha Awa Sambou ont tiré la sonnette d’alarme. Ils seront suivis dans cette dynamique d’alerte par un autre fils du terroir.
A travers une contribution parue dans la presse, Lamine Touba Diédhiou, président de l’Union pour le développement intégré de Touba/Dakar et Coordinateur de l’Association pour le développement du Narang/Dakar a essayé d’éclairer l’opinion.
D’après Lamine Diédhiou : «Les populations du quartier de Touba Trankil sont menacées par la présence des militaires gambiens dans le territoire sénégalais. Leur présence a fini par installer une psychose. Les citoyens sénégalais ne dorment pas assez et sont parfois empêchés par les militaires gambiens de se rendre en Gambie. Dans ce village frontalier de la Gambie, seules les pièces d’identité gambiennes sont valables.»
«Un autre problème prégnant que rencontrent ces populations est d’ordre foncier. Les parcelles sont en train d’être accaparées de force ou de gré au profit des Gambiens.
La Gambie est en train de mettre de jour en jour des infrastructures dans ce quartier pour pouvoir finir sa conquête dans cette partie du Sénégal.  En 2019, malgré la présence des militaires et la Gendarmerie sénégalaise, le chef du village a été menacé, malmené et insulté par les Gambiens qui voulaient mettre une adduction hydraulique dans ce secteur. Le délégué de quartier est souvent menacé de mort pour sa position radicale par rapport au projet des Gambiens.»
Etant fils du Narang, je ne peux rester insensible à ce cri du cœur de mes semblables. Mon royaume d’enfance qui m’a vu venir au monde est menacé.
Excellence Monsieur le président de la République, certes la situation est très alarmante, mais les populations du Narang Ouest vous remercient pour l’électrification, l’adduction d’eau, les pistes de production, l’antenne Sonatel et surtout l’école élémentaire de Touba Trankil, inaugurée en 2017 par le ministre de l’Education nationale de l’époque Serigne Mbaye Thiam.
Toutefois, les habitants de cette zone ont aujourd’hui peur pour leur sécurité face aux éléments armés de leurs voisins.
Excellence Monsieur le président de la République, les populations du Narang comptent sur votre engagement patriotique pour un règlement définitif de ces litiges transfrontaliers.
Excellence Monsieur le président de la République, la presque totalité des villages qui longent la frontière ont ce problème avec nos voisins de la Gambie (Dombondir, Touba Trankil, Dimbaya, Tam­bacounda, Kabékel, Couram, etc.).
Dombondir a des problèmes de litiges fonciers avec les populations de Sifo en Gambie.
Tambacounda a les mêmes problèmes avec les populations de Houmortou en Gambie.
En effet, certains habitants de la Gambie, dans un passé récent et dans le cadre du bon voisinage, avaient obtenu de la part des habitants de cette zone la possibilité de pratiquer l’agriculture sur des terres cultivables durant la saison des pluies. Aujourd’hui, ces mêmes voisins, avec l’appui de leur Armée, veulent annexer ces terres.
Excellence Monsieur le président de la République, la situation est très sensible dans cette zone où la paix commence à prendre place. Raison pour laquelle il urge de prendre des décisions à travers la diplomatie du bon voisinage avant qu’il ne soit trop tard.
Excellence Monsieur le président de la République, si le Narang Ouest a bénéficié d’infrastructures importantes durant votre magistère, force est de reconnaître que ce n’est pas le cas dans le Narang Est. Cette zone manque de tout et les populations sont obligées de se rabattre sur la Gambie pour subvenir à leurs besoins.
Excellence Monsieur le président de la République, dans un passé récent, j’avais effectué un déplacement dans le village de Woniak lors de leurs journées culturelles où j’étais retenu comme parrain. Les populations, à travers leurs discours, n’ont cessé de revenir sur cette question de la présence gambienne.
Je les cite : «Votre présence parmi nous aujourd’hui nous rappelle notre appartenance au Sénégal, car nous sommes les oubliés de la Nation, étant entendu que nous manquons de tout : aucune route ou piste aménagée, pas de réseau téléphonique Orange stable ou Tigo, pas de magasins sénégalais, pas de maternité, ni poste de santé dans ces deux villages. Nous ne consommons presque pas le F Cfa… Ici, nous consommons gambien : le dalasi. Les produits de consommation, le réseau téléphonique, car l’antenne de Tambouille n’arrive même pas à couvrir régulièrement nos villages. Pour ces quelques heures que nous allons passer ensemble, nous sommes Sénégalais à part entière alors qu’avant votre venue en terre de Woniak-Suzana et sûrement après, nous étions et seront des Sénégalais à part.»
Excellence Monsieur le président de la République, les populations de cette zone ont besoin de plus de présence de leur pays à travers des actions et des infrastructures sanitaires, scolaires, routières, éducatives, hydrauliques, électriques, etc. afin qu’elles puissent se sentir plus Sénégalaises que Gambiennes.
Faut-il aussi préciser que le litige transfrontalier de Touba Trankil est l’arbre qui cache la forêt.
A cet effet, il urge de régler ce litige transfrontalier qui doit être suivi d’audiences foraines pour permettre aux enfants de cette zone de jouir pleinement de leur «sénégalité» à travers des extraits de naissance en bonne et due forme.
Vive le Narang,
Vive la République,
Vive le Sénégal.
Talibouya AIDARA
Communicant/Journaliste
Responsable Apr Commune
de Kataba 1
aidara.or.t@gmail.com

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