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La poète américaine, Louise Glück, 77 ans, a remporté jeudi le très convoité prix Nobel de littérature, une récompense surprise couronnant son œuvre entamée à la fin des années 1960. Elle est couronnée «pour sa voix poétique caractéristique, qui, avec sa beauté austère, rend l’existence individuelle universelle», a annoncé l’Académie suédoise en décernant le prix.
L’enfance et la vie de famille, la relation étroite entre les parents et les frères et sœurs, sont une thématique centrale de son œuvre Averno (2006, une interprétation visionnaire du mythe de la descente aux enfers de Perséphone en captivité de Hadès, le dieu de la mort. Une autre réalisation spectaculaire est son dernier recueil, Nuit fidèle et vertueuse.
Enseignante à l’université de Yale, elle est connue aux Etats-Unis, où elle a notamment remporté un Pulitzer en 1993 et le titre convoité de US Poet Laureate, mais peu hors de son pays. Elle devient la 12e lauréate américaine en littérature, après notamment Hemingway (1954), Steinbeck (1962), Toni Morrison (1993) et dernièrement Bob Dylan (2016). Si les talents poétiques de Dylan avaient été salués par l’Académie il y a quatre ans, le dernier prix à un poète remontait à 2011, avec le Suédois Tomas Tranströmer.

Un cru très féminin
En français, la traduction de cette poète est restée jusqu’ici confidentielle, faute de parution en volume. Elle se limite à des revues spécialisées. Elle a consacré un de ses poèmes à Jeanne d’Arc en 1976. Deux ans après la Polonaise Olga Tokarczuk, Louise Glück est la 16e femme à se voir décerner le prix d’un millésime 2020 des Nobel très féminin. Avec trois lauréates lors des Nobel scientifiques, cette saison pourrait battre le record de femmes lauréates (cinq en 2009), alors que la paix vendredi et l’économie lundi restent à décerner.
Après une série de scandales ou de controverses qui a terni depuis trois ans le plus célèbre prix littéraire au monde, la direction qu’allait prendre le Nobel de cette année était particulièrement imprévisible, selon les critiques. L’an passé, le prix 2019 avait été attribué à l’écrivain autrichien, Peter Handke, aux sulfureuses positions pro-Milosevic, déclenchant une très vive controverse, qui s’ajoutait à un scandale sexuel ayant déchiré l’Académie il y a trois ans, ce qui avait provoqué le report historique du prix 2018.
Cette année, les sites de paris plaçaient la Française, Maryse Condé, la Russe, Lioudmila Oulitskaïa, la Canadienne, Margaret Atwood, ou le Japonais, Haruki Murakami, comme favoris. Les critiques littéraires sondés par l’Agence France-Presse penchaient plus pour l’Américano-Caribéenne, Jamaica Kincaid, le Kényan, Ngugi wa Thiong’o, la poète canadienne, Anne Carson, ou le Français, Michel Houellebecq.

Continents sous-représentés
L’Académie a traditionnellement préféré les candidats de l’ombre aux célébrités déjà établies, même si de nombreux géants de la littérature mondiale ont bien été primés depuis bientôt 120 ans. Si la plupart des grands pays occidentaux ont plusieurs prix à leur actif, l’Asie et l’Afrique sont souvent jugées mal loties. Des grands pays comme la Chine (Mo Yan en 2012) et l’Inde (Rabindranath Tagore en 1913) n’ont qu’un seul prix.
L’édition Nobel 2020 est privée pour la première fois depuis 1944 de remise des prix avec les lauréats le 10 décembre à Stockholm – pour cause de coronavirus. Vendredi à Oslo, la saison des Nobel connaîtra son autre temps fort, avec le prix de la paix. La liberté de la presse (Reporters sans frontières, Comité de protection des journalistes) ou le climat (Greta Thunberg) sont les plus évoqués. Ou alors une institution onusienne, comme l’Organisation mondiale de la santé (Oms), en pleine pandémie.
Le Point

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