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Professeur Boubacar Traoré a publié deux livres sur l’éducation. Si le premier tome porte sur «La question scolaire : Education traditionnelle et laïcité», le deuxième tome a pour titre : «La question scolaire au Sénégal : de la laïcité à l’interculturalité». Enseignant de formation, le professeur Boubacar Traoré dit avoir écrit ces deux livres pour mettre le doigt sur l’éducation au Sénégal et ses limites. L’auteur a invité, lors de la cérémonie de dédicace de son nouvel ouvrage, les autorités à se les approprier pour changer les paradigmes de l’éducation au Sénégal pour que celle-ci cadre avec «nos réalités socio-culturelles».

«On enseigne la langue qui n’est pas la nôtre. Nous sommes un pays laïc, foncièrement religieux. Déjà, cela est une limite. On a une éducation qui ne campe que vers la professionnalisation de nos enfants. On doit changer le système éducatif, la pédagogie doit être changée. Nous devons enseigner le wolof, le pulaar, le mandingue dans nos écoles», a préconisé le professeur Boubacar Traoré mercredi dernier lors de la cérémonie de dédicace de son nouvel ouvrage dans les locaux de l’Iam (Institut africain de management). Jugeant que l’éducation «fait partie des cinq compétences qui ne sont pas transférées au Sénégal et qui sont sous le contrôle de la France», Pr Traoré garde un ferme espoir de voir ses ouvrages avoir un impact sur les décideurs. L’auteur dit avoir tiré ses livres de recherches qu’il avait rédigés en 1993, en somme, une thèse qu’il a retravaillée. «Je n’ai fait que mon rôle d’éducateur», souligne celui qui a commencé à exercer la profession d’enseignant en 1973. Titulaire d’un Doctorat en Sciences de l’éducation, le professeur Boubacar Traoré a reçu des éloges de la part du sociologue Djibril Diakhaté, qui souligne que l’auteur «a fait dans le tome 1 l’historique de l’école sénégalaise en se servant de plusieurs disciplines en commençant par la famille». «La première école, c’est la famille», a indiqué le sociologue qui fait remarquer qu’«il a traité des daaras et des écoles qui ont servi d’outil aux colons pour assimiler le système éducatif sénégalais». La deuxième partie du tome 1 traite de la laïcité et de l’école pour introduire la notion de distorsion.
Une manière pour le sociologue de dire que «le colon a écarté la religion des curricula d’enseignement en admettant que la religion chrétienne» qui traduit un «déséquilibre dans le système». Fai­sant remarquer que les recommandations des états généraux n’ont pas toutes été intégrées dans le système éducatif, le sociologue Djibril Diakhaté aborde le tome 2 de l’ouvrage du professeur Bou­bacar Traoré qui traite de la problématique de l’interculturalité.
«La problématique de l’interculturalité se pose. Il y a le retour du communautarisme et du repli identitaire», reconnaît le sociologue qui ne manque pas d’attirer l’attention sur l’existence d’une école avec une prédominance de la culture française. D’où le militantisme du professeur Boubacar Traoré, selon lui, «pour une école en tenant compte des cultures locales et qu’il y ait un échange, une solidarité entre ces entités culturelles».
Avec un coup d’essai qui a été coup de maître, le sociologue Djibril Diakhaté a hâte de voir le professeur Traoré se lancer dans la publication d’autres ouvrages.
ambodji@lequotidien.sn

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