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Le ministre de la Culture a installé le comité scientifique chargé de l’édition et de la traduction de 20 volumes «Tafsiroul Qur’ane» de feu El Hadj Ahmadou Dème de Sokone. Composé de 19 membres, ce comité s’est vu rappeler l’importance de sa tâche qui, au-delà, participe non seulement à la vulgarisation des œuvres d’un érudit sénégalais, mais aussi à la sauvegarde d’un patrimoine qui mérite d’être transmis aux générations actuelles et futures.

Le Fonds d’aide à l’édition n’est en réalité pas seulement dédié aux œuvres sénégalaises écrites en français. Celles écrites en langue arabe ont aussi leur part de ces ressources. Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, l’a fait savoir hier, lors de l’installation du comité scientifique chargé de l’édition et de la traduction de 20 volumes Tafsiroul Qur’ane de feu El Hadj Ahmadou Dème de Sokone. «C’est un gros projet. Nous sommes dans le cadre de la réflexion autour du fonds dédié à l’édition. Comment faire pour que ce fonds soit plus opérationnel, qu’il puisse varier et diversifier ses cibles d’édition et ne pas seulement se limiter aux textes en français ?», a-t-il dit. En effet, pour le ministre, il ne faut surtout pas oublier ces lettrés sénégalais qui lisent parfaitement l’arabe et non le français et qui, à ses yeux, sont une partie intégrante de la population sénégalaise. «Les plus grands érudits dans nos pays ne sont certainement pas lettrés en français, mais en arabe. Et les premiers intellectuels du pays ne sont pas des intellectuels francophones. Avant la colonisation, nous avions des intellectuels qui écrivent des textes», a-t-il mentionné, rappelant par ailleurs que la décision de rééditer et de traduire 20 volumes de l’œuvre de l’érudit de Sokone n’est pas de lui, mais du président de République. «Je précise que ce n’est pas une décision du ministre de la Culture, natif de Sokone, mais du président de la République qui a reçu en mai 2017 le khalife général de Sokone. Qui lui avait présenté une doléance allant en ce sens. Le Président a pris l’engagement d’aider la famille à le faire et j’applique ses engagements.» Ainsi, c’est plus de 10 mille pages qui seront éditées par la maison Al-Bourakh, spécialisée dans ce domaine. Et malgré les quelques contraintes techniques, M. Coulibaly est confiant que le comité scientifique pourra faire le travail technique en trois voire quatre mois. «Au début de l’année prochaine, nous pourrons peut-être avoir les premiers livres édités», a-t-il déclaré.
Pour Khalifa Ababacar Sy Ndiaye, directeur d’Al-Bourakh, c’est un grand défi qui se pose. Il y a beaucoup de manuscrits qui dorment dans les tiroirs et qui sont en état de détérioration. «C’est un défi pour nous de faire en sorte que les grandes œuvres telles que le Tafsir de El Hadji Ahmadou Dème de Sokone puissent être dans les grandes universités. Et ces 20 volumes constituent un patrimoine pas seulement familial, ni sénégalais, mais pour toute la Umma (communauté) islamique». Et dans un contexte où le terrorisme fait rage, ce patrimoine mérite, selon lui, d’être porté partout. La culture est souvent assimilée à beaucoup de choses, mais finalement son rôle n’est-il pas aussi la sauvegarde et la vulgarisation du patrimoine ? «Le fondement de la culture, rappelle le ministre de la Culture, c’est le savoir et le savoir mérite d’être gardé et vulgarisé».
aly@lequotidien.sn

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