PARTAGER

Des ministres de l’Environnement de six pays dont le Sénégal ont lancé le Programme de gestion du littoral ouest africain (Waca). Plus qu’un programme, c’est une plateforme d’échanges de bonnes pratiques, de connaissances techniques et d’assistance pour une gestion concertée et coordonnée des côtes ouest africaines. Il est appuyé par la Banque mondiale qui a financé le premier projet d’investissement pour un coût de 95 milliards de francs Cfa.

«Nous allons sauver nos zones côtières.» Comme un cri de guerre, le ministre béninois de l’Environnement donne le ton. Le prétexte, c’est le lancement du Programme de gestion du littoral ouest africain (Waca acronyme anglais). Six pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Sénégal, le Bénin, le Togo, la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe et le Cap-Vert se sont donné la main pour une gestion durable et concertée du littoral ouest africain. Waca, au-delà d’un programme, est un instrument qui facilite la coopération. Mieux, souligne Mame Thierno Dieng, ministre de l’Environ­nement et du développement durable, c’est une «plateforme» où les partenaires mobilisent des financements par le biais d’une action régionale et coordonnée. «C’est un cadre d’échanges de connaissances techniques, de bonnes pratiques et d’assistance technique», ajoute le ministre de l’Environnement du Cap-Vert.

Près de 500 mille personnes impactées par l’érosion côtière chaque année
Faut-il le rappeler, ces pays subissent de plein fouet le réchauffement climatique. Résultat, l’érosion côtière et les inondations frappent le littoral ouest africain et mettent en péril les moyens de subsistance. «Chaque année, près de 500 mille habitants du littoral oust africain sont touchés par l’impact des inondations et l’aggravation de l’érosion côtière», lit-on dans le document de presse.
Une situation très préoccupante dans la mesure où les conséquences de ces phénomènes impactent négativement la vie des populations, mais aussi l’économie de ces pays. «Le Togo et la Mauritanie ont perdu chacun en un an plus de 2% de leur Pib en raison de l’érosion côtière», révèle encore le document.
Mame Thierno Dieng invoque la situation du Sénégal avec ses 750 km de côtes qui, selon lui, le rendent «extrêmement vulnérable». Il estime que la ville de Saint-Louis constitue à cet effet le laboratoire le plus achevé dans le monde pour les conséquences du réchauffement climatique. Et cette situation est visible sur toute la presqu’Île du Cap-Vert, notamment dans les îles du Saloum et la Casamance.
Ce même phénomène est observé au Cap-Vert. Un pays insulaire qui, d’après son ministre de l’Environnement, souffre beaucoup à cause de la pression exercée sur les écosystèmes des côtes. «Plus de la moitié de la population vivent sur les îles à cause de l’aridité», soutient le ministre cap-verdien. La situation est presque pareille à Sao Tomé-et-Principe. L’archipel perd de l’espace physique à cause de l’avancée de la mer, selon son ministre de l’Environnement présent à Dakar.
La problématique semble être la même pour ces six pays. «Nous vivons les mêmes phénomènes et les mêmes problèmes», soutient le ministre béninois. Et c’est pour cette raison que nous devons développer des actions concertées et une approche commune pour une résilience des côtes de l’Afrique de l’Ouest. Des investissements sont donc urgents. Et pour cela, il faut mobiliser les ressources. A ce propos, le programme va bénéficier de son premier projet d’investissement pour la résilience des côtes de l’Afrique de l’Ouest. Il a été approuvé par la Banque mondiale en avril 2018 avec un financement de 95 milliards de francs Cfa.
Toutefois, Mame Thierno Dieng insiste sur l’approche. «Pendant longtemps, les pays africains se sont efforcés pour enrayer l’érosion et les inondations, mais on a jamais eu de solutions durables», confesse-t-il. Le ministre ajoute : «Il nous faut dès lors maîtriser les déterminants qui interviennent pour la survenue de ces phénomènes.» Il lance un appel aux chercheurs car, pour lui, ces derniers doivent adresser les questions qui touchent le bien-être des populations, en l’occurrence les phénomènes d’érosion et d’inondation.
Quant au ministre de l’Environnement de Sao Tomé-et-Principe, il a plaidé pour que cette plateforme travaille pour la transparence et le transfert de compétences. «Les mêmes pratiques qui se font dans les pays développés doivent être faits dans nos pays pour une gestion durable de nos côtes», plaide-t-il.
ndieng@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here