PARTAGER

Dans 25 mois, le Train express régional (Ter) devrait être opérationnel. En lançant le début des travaux de cette infrastructure dont le coût est estimé à 568 milliards de francs Cfa, le président de la Répu­blique, Macky Sall, a exhorté tous les ac­teurs impliqués dans le projet à respecter ce délai.

«Nous sommes le mercredi 14 décembre 2016, (hier). Je donne rendez-vous aux entreprises partenaires le lundi 14 janvier 2019 pour inaugurer la ligne et faire le premier trajet Dakar-Diamniadio en Train express régional», a déclaré Macky Sall. En lançant hier le projet du Train express régional, le président de la République a exhorté l’entreprise française Engie Ineo, chargée de la réalisation de cette infrastructure ainsi que toutes les autorités impliquées, «à faire preuve de la même diligence dans l’exécution des travaux» prévus en 25 mois. «Ensemble, nous avons pris des engagements, ensemble respectons nos engagements. Alors, au travail et en avant pour les autres étapes ! Et croyez-moi, je ferai souvent des visites de chantier sans prévenir», dit Macky Sall au Centre de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, après avoir posé la première pierre du projet ferroviaire de Dakar.
«Nous avons l’expérience de ces grands travaux et le savoir-faire», répond, décontracté, Yann Rolland, président directeur général de l’entreprise Engie Ineo.
Projet dont le coût est de 568 milliards de francs Cfa, le Ter répond à une nécessité de désengorger Dakar et ses environs. En effet, avec moins de 0,3% du territoire national, la capitale abrite plus de 66% de l’activité économique du Sénégal et près de 25% de la population. De plus, chaque année, la région enregistre environ 40 mille nouvelles immatriculations de véhicule. «Le Ter aidera donc à résoudre les désagréments liés à cette concentration excessive de l’activité économique, de la démographie et du trafic routier. Deuxiè­mement, le Ter répond à un besoin logique de mieux connecter Dakar, le pôle urbain de Diamniadio et le pays profond. A trente kilomètres de Dakar, la nouvelle ville de Diamniadio est en train de prendre forme (…) Troisièmement, enfin, le Ter répond au rendez-vous de la mise en service, l’année prochaine, de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd)», explique M. Sall.

Changement de comportements
Par ailleurs, l’ouvrage va porter sur un linéaire total de 55 km, de Dakar à Aibd, pour desservir 14 gares. Avec une vitesse de pointe pouvant atteindre 160 km/h, il reliera le centre-ville de Dakar à l’Aibd en 45 minutes et pourra transporter jusqu’à 115 mille passagers par jour, contre 15 mille seulement aujourd’hui avec le Petit train de banlieue (Ptb). «Par souci d’anticipation, nous avons déjà travaillé sur les étapes futures parce que le Ter est conçu pour desservir Aibd, et plus tard Saly, Mbour et Thiès. Et ce ne sera pas fini, parce que nous comptons aussi relancer la ligne ferroviaire Dakar-Tamba­counda-Bamako, avec le même écartement standard que le Ter», annonce le Président Sall.
Toutefois, relève le chef de l’Etat, le Sénégal doit relever le défi de l’adaptation à l’environnement du Ter. A cet effet, il préconise un changement de comportements des Sénégalais car, dit-il, ce système de transport public de masse «aura de profondes répercussions sur notre mode de vie». «Tous les ouvrages qui l’accompagnent sont conçus pour répondre à ces deux impératifs. Voilà pourquoi le Ter devra aussi susciter, plus qu’une évolution, une révolution des mentalités. Pour être au diapason de cette nouvelle ère de modernité que nous voulons pour notre pays avec des projets de cette nature, il nous faudra de nouvelles attitudes ; il nous faudra une discipline individuelle et collective, un esprit de méthode et d’organisation, comme aimait à le dire le Président Senghor», conclut Macky Sall, qualifiant le Ter de «plus grand projet du Sénégal indépendant».
 bgdiop@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here