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Le montant de la caution serait-il de 10 à 20 millions de F Cfa si le gouvernement avait pensé à la suppression du parrainage ? Rien n’est moins sûr puisque l’objectif était d’éviter de se retrouver avec une pléthore de listes candidates qui pourraient rendre difficile l’organisation des élections. Mais là, quelque part, on a déverrouillé.

Peut-être que si les autorités avaient envisagé qu’il n’y aurait pas de parrainage pour les Locales, elles auraient élevé le montant de la caution. En effet, le 3 juillet 2019, en fixant la somme à 10 millions de francs CFA par liste candidate (20 millions en cas de liste aux municipales et aux départementales), l’Etat qui est encore traumatisé par les 2700 listes aux Locales de 2014, avait misé sur le parrainage pour doubler le filtre. C’est aussi, chat échaudé par les 47 listes aux Législatives de 2017 que le gouvernement avait décidé d’instaurer le parrainage pour éviter une pléthore de candidatures à la Présidentielle de 2019. Dieu sait que n’eut été ce filtre, la centaine de fiches retirées au ministère de l’Intérieur présageait, en dépit de la caution de 30 millions, une Présidentielle… impossible. Qui plus est ceux qui avaient déposé leur dossier de candidature au Conseil constitutionnel étaient au nombre de 27. Donc, s’il est vrai qu’il y a consensus sur la suppression de ce parrainage pour les Locales, rien ne garantit, en revanche, qu’on ne se retrouvera pas dans l’imbroglio de 2014. Car beaucoup redoutaient, pour ces municipales et départementales, la campagne de collecte de signatures et le dispositif de vérification. Avec la suppression du parrainage, c’est donc un verrou contre la pléthore de listes qui saute. Les contraintes de temps et le contexte du Covid-19 en seraient les principales raisons. Sans doute que ce sont deux points qui ont pesé sur la balance, mais il y a aussi la faisabilité même qui posait problème.

L’impossible parrainage
Dans son édition du 13 mars 2019, Le Quotidien n’avait pas tort d’afficher à sa Une : «Impossible parrainage.» En effet, au-delà de la campagne de collecte, le contrôle lui-même serait fastidieux. Plus que la peine éprouvée par le Conseil constitutionnel en dépit de son dispositif de vérification relativement contesté par la Société civile. Quoiqu’il ait été davantage dénoncé par nombre de candidats recalés. Et c’est parce que pour les élections locales, le contrôle des signatures est effectué par la Commission de réception des candidatures, sous le contrôle et la supervision de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et en présence des mandataires des listes. Un supplice que les acteurs ont évité si l’on sait que les listes candidates pour les municipales et départementales sont souvent nombreuses. Les candidats aux élections municipales et départementales avaient l’obligation de rassembler les parrainages de 1% à 1,5% du corps électoral de la localité visée. Le rapport de la Commission du dialogue politique devrait être transmis au chef de l’Etat au plus tard le 31 août. Et l’on n’ose pas croire que l’on reviendra sur le montant de la caution. Parce que le Président lui-même s’était engagé à ne pas y toucher.

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