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La lutte contre le tabac a enregistré des «avancées majeures» avec la loi votée en 2014 par l’Assemblée nationale, mais des textes réglementaires n’ayant pas encore été signés, certaines de ses dispositions ne peuvent être jusque-là appliquées comme il le faut, a indiqué le secrétaire exécutif de la Ligue sénégalaise de lutte contre le tabac (Listab), Djibril Wellé. «Certaines dispositions de la loi ne peuvent pas être appliquées comme il le faut parce qu’il y a des textes réglementaires qui n’ont pas encore été signés par l’autorité compétente», a-t-il souligné dans un entretien avec l’Aps.
Il a notamment cité le «dernier décret de la loi sur les débits de tabac qui doit permettre de réglementer la vente et la commercialisation du tabac au Sénégal». Une réglementation qui devrait permettre de sortir la vente du tabac des boutiques de quartier et installer de nouvelles modalités suivant lesquelles, pour vendre du tabac il faut l’autorisation du gouverneur pour la région et du préfet pour le département, selon Wellé. Un autre texte en souffrance concerne l’interdiction de la «chicha», pipe à eau utilisée pour fumer du tabac, a relevé le secrétaire général de la Listab selon qui un arrêté s’y rapportant a été signé par le ministère de la Santé et de l’action sociale et celui en charge du Commerce, mais ce texte se trouve au secrétariat général du gouvernement «uniquement pour numérotation». «L’épidémie de coronavirus dans notre pays depuis le 2 mars a joué un rôle de ralentissement dans les activités de plaidoyer en faveur de la signature de ces décrets», a-t-il fait observer.
Entre-temps, a-t-il ajouté, «il y a eu un lien entre la consommation de tabac et le Covid-19, faisant passer les activités à la sensibilisation sur la maladie parce que les fumeurs étaient des vecteurs de la transmission à travers les échanges de mégots, les doigts, entre autres». Interrogé sur le niveau d’application de la loi, Djibril Wellé a fait valoir qu’il faut nécessairement «une étude poussée pour pouvoir l’évaluer correctement». «L’application d’une loi ne se fait pas sur un à deux ans, mais sur une longue durée, tandis que le changement de comportement qui en résulte nécessite une étude qui coûte excessivement cher», a-t-il dit. Toutefois, signale Djibril Wellé, «les sorties inopinées conduites par les services de la préfecture, de la police, de la gendarmerie au niveau des départements montrent que les mesures sont respectées dans leur ensemble même s’il y a quelques violations».
Parlant de la dernière étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) publiée en 2015 et qui chiffre à un demi-million le nombre de fumeurs au Sénégal, Djibril Wellé juge qu’il s’agit là d’un échantillon «très faible», surtout qu’il n’y a «pas de nouveau chiffre depuis cette date».

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