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Sa position est déjà claire, le groupe parlementaire Liberté et démocratie ne va pas voter le projet de Loi de finances 2018. Madické Niang et ses camarades dénoncent «des rubriques pas clairement détaillées» ainsi qu’une «volonté manifeste d’utiliser les deniers publics pour la réélection de Macky Sall en 2019».

Le groupe parlementaire Liberté et démocratie ne votera pas le projet de loi de finances 2018. Le président dudit groupe, Madické Niang, et ses camarades estiment qu’il y a des intentions cachées qui n’ont qu’un seul objectif : «Utiliser les deniers publics pour des activités purement politiques politiciennes, particulièrement l’élection présidentielle de 2019 avec des investissements onéreux et sans détails.» Ces Libéraux dénoncent l’existence de zones d’ombre, surtout concernant l’élaboration, d’où les raisons de leur refus. «Notre groupe parlementaire a décidé de ne pas voter le projet qui va adopter la Loi de finances 2018. Nous avons eu à étudier minutieusement les différents volets qui ont été abordés dans le budget, analysé les chiffres et nous avons considéré que ce budget ne reflète pas les intérêts du Peuple», soutient le président Madické Niang.
Le 29 juin dernier, le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, déclarait que le budget 2018, projeté à 3 700 milliards de francs Cfa, sera «éminemment social». Une af­firmation que ces Libéraux considèrent comme un aveu d’échec et un leurre.  «C’est une déclaration pompeuse. Pour un mandat de 5 ans, pourquoi attendre l’une des dernières années pour penser au social ? C’est un aveu de taille, pour dire que la demande sociale n’a été ni prise en compte sérieusement ni satisfaite. C’est beaucoup plus pour un clientélisme politique», renchérit l’ancien ministre des Affaires étrangères.
Loin d’être tendre avec le chef de l’Etat et son gouvernement, le président du groupe parlementaire Liberté et démocratie renforce son mentor Abdoulaye Wade sur la dette du Sénégal. Pour ce dernier, l’autre raison pour laquelle ils ne vont pas voter le projet de loi en question, c’est la dette du Sénégal qui, selon lui, a atteint 6 420 milliards de francs Cfa.
Très en verve, les responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) accusent le gouvernement de Mahammed Boun Abdallah Dionne d’avoir vendu les potentialités du pays aux étrangers, au détriment du secteur privé national. «Le secteur privé sénégalais est lésé. Man­sour Kama est, récemment, monté au créneau pour dénoncer cela. 46% du budget dépendent de l’extérieur. Les richesses sont entre les mains des étrangers», affirment-ils. Ils évoquent également des «rubriques imprécises en porte-à-faux avec la gouvernance sobre et vertueuse prônée».

«Les bourses sociales constituent un moyen de pression»
Les bourses sociales n’ont pas aussi été épargnées. Les députés du groupe Liberté et démocratie, qui ont donné leur position avant l’heure, soutiennent que ces bourses sont «illicites». Et le député Mamadou Diop Decroix d’enfoncer le clou : «C’est une nébuleuse, je me demande comment on peut prélever de l’argent et le donner à des populations ciblées parmi tant d’autres. Ils parlent d’année sociale alors que les bourses sont destinées à des militants du parti au pouvoir mais aussi pour acheter des consciences. On avait déclaré qu’elles allaient concerner 250 000 familles. Aujourd’hui avec 40 milliards de francs Cfa inscrits (et ne) pas avoir la majorité avec les 250 000 familles lors des précédentes élections législatives. C’est pour cela qu’ils prévoient de cibler d’autres en vue de l’élection de 2019 (la Présidentielle).»
Stagiaire

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