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Thierno Bocoum se met dans la peau d’un député pour adresser des questions au gouvernement et à l’Assemblée nationale sur le projet de loi habilitant le président de la République à prendre, par ordonnances, des mesures dans le cadre du Covid-19. Il s’interroge d’abord : «Pourquoi le président de la République a besoin de mesures budgétaires dans le cadre d’une habilitation alors qu’il dispose, entre autres, de deux leviers importants : un projet de loi de finances rectificative et des décrets d’avance ?» Selon lui, la loi de finances rectificative permettra à Macky Sall de faire les aménagements budgétaires souhaités. Mais aussi, avance-t-il, le décret d’avance lui permettra de prendre en urgence des fonds publics à travers une simple signature. Pour l’ancien député, «les conditions cumulatives prévues par l’article 23 de la loi organique relative aux lois des finances dans le cadre d’un décret d’avance sont aujourd’hui bien remplies : l’urgence et la nécessité impérieuse d’intérêt national».
Autre chose qui a suscité la curiosité de Thierno Bocoum, c’est le temps mis entre la déclaration du chef de l’Etat et le projet de loi d’habilitation. Le président du mouvement Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (Agir) affiche encore son étonnement : «Pourquoi les mesures sociales n’ont pas été adjointes au projet de loi alors qu’elles avaient été énumérées parmi les mesures entrant dans le cadre de la loi d’habilitation par le président de la République ? Pourquoi l’article 1er du projet de loi d’habilitation n’a pas précisé que les impératifs étaient liés au Covid-19 comme l’avait si bien précisé le président de la République ? Pourquoi juste se limiter à écrire «(…) faire face aux impératifs d’ordre budgétaire, économique, sanitaire et sécuritaire», sans aucune autre forme de précision ?» Et il se demande si l’on n’est pas dans «une violation des dispositions de l’article 77 de la Constitution».

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