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Alioune Sarr, ministre du Commerce...

L’Assemblée nationale a adopté hier, le projet de loi portant Système de récépissé d’entrepôt de marchandises. Cet instrument devrait protéger les producteurs et leurs productions avec comme finalité d’arriver à terme, à l’institution d’une bourse agricole.

L’accès au financement  a toujours constitué un obstacle majeur au développement de l’activité privée au Sénégal où près de 80% des demandes de crédits bancaires  sont refusés en raison de garanties insuffisantes. Pour pallier ce manquement, le gouvernement a mis en place un dispositif d’appui dénommé «Système de récépissé d’entrepôt de marchandises», comme moyen d’accès au crédit et à des meilleures conditions d’entreposage. Le projet de loi soumis hier à l’Assemblée nationale a été adopté par les députés qui, tout de même, ont manifesté leurs craintes de voir ce système favoriser la spéculation et les consommateurs devenir des victimes. «Le système  protège les producteurs et la production, mais il ne faut pas qu’ils deviennent des spéculateurs. Il faut aussi protéger les consommateurs», a plaidé l’honorable député Aramatoulaye  Diatta. Hélène Tine de renchérir  avec des interrogations suivantes : «Que les ménagères ne soient pas les victimes de cette loi. Que les producteurs ne soient pas des victimes des privés. Quel est le coût de ce système pour le producteur étant donné que les dividendes sont  très souvent tirés par des privés, des banques, des étrangers ?»
Défendant son projet, le ministre en charge du Commerce, du secteur informel, de la consommation, de la promotion des produits locaux et des Pme assure que le système a pour finalité le développement soutenu du crédit,  du stockage et la création à moyen terme, d’une bourse de marchandises destinée à consolider et à renforcer davantage le caractère attractif de l’environnement des affaires  au Sénégal. Alioune Sarr explique en outre, qu’il est prévu que le système couvre l’ensemble des filières sur lesquelles le pays a investi, même si pour le moment, il ne concerne que le riz.
L’idée de cette loi, lit-on dans le rapport de la Commission de l’économie générale, des finances, du plan et de la coopération économique, «est d’arriver à terme, à l’institution d’une bourse agricole». Les gestionnaires de l’entrepôt, la banque ainsi que les producteurs et transformateurs seront  les trois composantes de cette structure qui va régir les relations qui existeront entre ces différents acteurs.
Selon Alioune Sarr, le système va régler le déficit de magasins de stockage. Il va aussi permettre de minimiser les pertes post-récoltes. Cependant avec cette nouvelle loi, les producteurs sont obligés de produire des produits de qualité pour être reçus dans des magasins de stockage, lesquels seront normalisés.
Le projet de loi voté hier sera accompagné d’un système d’information pour permettre aux producteurs de savoir le moment opportun pour vendre. Ce nouvel instrument, qui est «un titre de propriété représentatif  de marchandises en dépôt», est appelé à être un outil de crédit et de garantie à la disposition de tout utilisateur.
ksonko@lequotidien.sn

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