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Dans le cadre des Assises de la société civile dont l’atelier national de clôture a été tenu en février dernier, les organisations de la société civile de la région de Louga n’ont pas été en reste. Dans leur contribution, les Osc de la capitale du Ndiambour ont formulé une série de recommandations pour la relance des économies locales.

Les organisations de la société civile de la région de Louga relèvent un certain nombre de contraintes auxquelles l’économie régionale est confrontée. Dans le rapport qu’elles ont présenté à l’atelier national de restitution des Assises de la société civile, les Osc indiquent que «les économies locales se développent presqu’en vase clos, sans interrelations et échanges stratégiques capables de conduire à une économie régionale intégrée, compétitive et durable. L’économie régionale souffre énormément de cette situation, mais aussi de l’insuffisance d’infrastructures structurantes et l’enclavement de beaucoup de zones de production. Sur un autre volet, le système d’exploitation participe aussi de la dégradation des ressources naturelles. De même, les systèmes d’élevage et les techniques de pêche se font souvent en dehors de toute rationalité économique de développement durable».
Malgré les nombreuses potentialités, mentionne le document, «les niveaux d’exploitation de­meu­rent encore faibles pour plusieurs raisons, dont principalement un système d’exploitation extensif à haute intensité de main-d’œuvre, avec cependant des rendements encore insuffisants».
Face à cette situation, la société civile lougatoise a formulé un chapelet de recommandations. Pour ces organisations, «la relance des économies locales nécessite l’intégration des différentes zones de production de richesses dans une approche de prospective territoriale articulée aux objectifs d’aménagement du territoire et de connexion territoriale». En effet, expliquent-elles, «aucune zone/territoire ne peut ignorer l’apport des autres par rapport à ses perspectives et objectifs de production et de développement, mais elle nécessite aussi l’établissement d’un partenariat entre les différentes organisations de producteurs, les promoteurs privés, les maisons de développement local, les services techniques, l’Ard, les collectivités locales à travers l’application du principe de subsidiarité dans la conduite des activités». A leur avis, «l’Etat et les collectivités locales apporteront tout l’accompagnement nécessaire aux initiatives locales de création de richesses, comme ils seront à l’avant-garde de certaines réalisations pour créer un effet d’entraînement et d’encouragement à l’investissement privé (esprit d’initiative, créativité), en s’arrimant aux politiques et stratégies territoriales».
Les Osc estiment aussi que «beaucoup d’initiatives endogènes en cours sont appuyées par la société civile. Il s’agit juste de promouvoir la transformation et l’amélioration de la performance organisationnelle grâce à une dynamique de partage d’expertise, d’apprentissage mutuel et de dissémination des bonnes pratiques au niveau des différents territoires de la région voire ailleurs. Elle se fera par la création de mécanismes et supports innovants de communication pour la documentation des savoirs et des pratiques mises en œuvre par les projets et les programmes au service de la réduction de la pauvreté et l’adaptation aux changements climatiques».

Région à fortes potentialités
La région de Louga, note le document, «à immenses potentialités, est couverte par quatre zones éco géographiques différentes dont chacune se destine à une activité économique : La vallée du bas Ferlo (zone de maraîchage avec de superficies irrigables, disposant d’importants pôles de production agricole et piscicole), la zone des Niayes (zone de pêche et de maraîchage promue à un avenir touristique avec ses 54 km de côtes maritimes), le bassin arachidier (zone de prédilection de l’agriculture pluviale qui fournit des revenus à plus de 90% des ménages ruraux) et enfin la zone sylvo-pastorale (zone d’élevage qui a le plus grand foirail de bétail de l’Afrique de l’Ouest à Dahra avec le ranch de Dolli et le Crz)». La région jouit ainsi d’un positionnement non négligeable dans l’économie nationale. D’après les Osc, «elle occupe le 2e rang dans la production maraîchère, 3e région en matière d’élevage de bovins après les régions de Tambacounda et de Saint-Louis (y compris Matam), 2e rang derrière la région de Tambacounda pour les petits ruminants, 6e rang en matière de pêche».
Mais à «l’instar des autres régions du Sénégal, le changement climatique affecte les capitaux naturels et humains avec des répercussions sur les chaînes de valeurs. Même si ses impacts auront des manifestations différentes selon les secteurs économiques et les localités, on devra s’attendre à une fréquence plus accrue des phénomènes extrêmes, imprévisibles et difficilement maîtrisables avec des risques de dommages assez élevés», explique la société civile. Qui avait axé sa réflexion, durant le processus des assises, sur le «Rôle des Osc dans la gestion de la résilience climatique pour un développement durable».

Transferts d’argent
Sur un autre registre, le comité régional de la société civile a adressé le transfert d’argent des migrants. Au niveau des collectivités territoriales de la région de Louga, indique-t-il, «la contribution des migrants ne se limite pas seulement aux envois monétaires. Elle inclut également les transferts non financiers qui font référence aux innovations, aux capacités, aux compétences, au savoir-faire dont disposent les migrants et qu’ils peuvent réinvestir dans leur communauté d’origine et partout ailleurs où les opportunités existent. Ces transferts non financiers peuvent ainsi avoir un impact décisif dans des secteurs comme l’agriculture, l’élevage et la transformation des produits agricoles». La société civile assure que «les transferts d’argent, de biens et de matériels des migrants sont susceptibles de contribuer à la modernisation des équipements et systèmes de production ainsi qu’à des gains de productivité dans ces secteurs. En plus, les mi­grants sont porteurs d’innovations, de technologies et de sa­voir-faire et ont acquis des com­pétences professionnelles, organisationnelles et une ouverture à la mondialisation pouvant être valorisés dans le cadre du développement de filières socioéconomiques à partir des potentialités de leur territoire d’origine.
L’enjeu est de promouvoir, pour les émigrés, leur insertion et réinsertion dans le tissu économique local, favoriser l’orientation des transferts de revenus des émigrés vers le secteur productif, afin de promouvoir la création de richesses et d’emplois ; et par ricochet, lutter contre le chômage des jeunes qui est un facteur favorisant la tentation à l’émigration clandestine. Ainsi, l’émigration ne sera plus perçue comme un épiphénomène passager, mais plutôt comme une réalité structurelle à la fois économique et sociale.
Il est de notoriété que le développement économique local durable n’est possible qu’avec une mobilisation convergente de toutes les familles d’acteurs». Sous ce rapport, soutiennent les Osc, «les émigrés, dont la plupart ont une capacité d’épargne supérieure à la moyenne nationale, ne peuvent pas être laissés en rade, parce qu’ayant des vocations majeures à faire valoir en la matière».
dialigue@lequotidien.sn

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