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L’alternative des universités privées pour accueillir le trop-plein de bacheliers est devenue un problème. Et si rien n’est fait d’ici la rentrée prochaine, leur accès à ces établissements pourrait se compliquer. La faute à l’Etat qui peine à payer les 16 milliards dus aux Epes.

La prochaine rentrée universitaire s’annonce difficile pour les nouveaux bacheliers qui seront orientés dans les universités privées. Lesquels risquent de ne pas se faire accepter dans les établissements supérieurs privés. Le président de la Conférence des établissements privés de l’enseignement supérieur du Sénégal (Cepes) se veut clair : «Si la dette n’est pas épongée, il sera impossible à la Cepes d’admettre les étudiants pris en charge par l’Etat au titre de la rentrée prochaine», révèle-t-il. Mamadou Gning, par ailleurs président directeur général de l’Institut de commerce de Dakar (Itecom), souligne que cette dette a fortement déstabilisé le fonctionnement des Epes qui, pour la plupart, se trouvent dans des situations financières assez difficiles. «A la rentrée 2018-2019, les universités privées ne pourront pas démarrer les cours. Ces dernières, sortant des vacances, n’auront plus de ressources pour honorer les prestations dues aux vacataires, remboursements des découverts bancaires, approvisionnements divers en fournitures et consommables etc.», fait-il savoir.
Un cri du cœur que la Cepes lance. Elle interpelle ainsi le Président Sall à qui elle demande une audience pour trouver une issue heureuse à cette crise. La Cepes dit souffrir du non-respect des engagements de l’Etat. Un non-respect qui a engendré une dette de 16 milliards de francs Cfa. Et cela, malgré les mises en garde des établissements privés de l’enseignement supérieur. «Certains ont même restreint l’accès des étudiants aux cours», note le Pdg d’Itecom. Et ce qui inquiète le plus les membres de la Cepes, c’est que jusqu’à ce jour, «aucun engagement au profit des Epes n’est fait alors que ces derniers abordent les vacances avec les étudiants du Bac 2017 encore présents dans leurs classes».
La Loi de finances rectificative (Lfr) n’a pas été à la hauteur de leurs attentes, car «sur les 65 milliards de la Lfr prévus dans différents secteurs, seuls 3,8 milliards soit 1/5 du montant total en jeu (les 16 milliards) a été affecté aux Epes pour l’année académique 2016-2017», dé­taille-t-il. Or la dette de l’année scolaire 2016-2017 est évaluée à 5,8 milliards de francs Cfa. Cela, dénonce Mamadou Gning, traduit «l’absence de volonté de l’Etat quant à l’apurement total des montants dus aux Epes». Autre point qui agace la Cepes, ce sont les déclarations d’un ministre d’Etat selon qui «l’Etat ne connaît même pas les étudiants orientés dans le privé». La Cepes, inquiète des propos de cette autorité, a confirmé devant la presse que les étudiants orientés dans les Epes l’ont été par le fait du ministre de l’Ensei­gnement supérieur sur la base de processus et de modalités fixés par ledit ministère. La Cepes réaffirme son engagement à soutenir l’Etat du Sénégal à asseoir un enseignement supérieur de qualité, pour autant elle ne compte pas réduire à néant les efforts consentis pendant plus de 25 ans d’existence. «Nous avons participé à la formation et à l’insertion professionnelle de mil­liers d’étudiants dans ce pays et nous n’accepterons pas qu’un tel travail soit détruit pendant seulement trois ans», prévient le Pdg d’Itecom.
La Conférence des établissements privés de l’enseignement supérieur a tenu malgré tout à rassurer les parents. Elle s’engage à terminer les examens, à donner les résultats et à délivrer les diplômes et attestations s’il y a lieu pour les fins de cycle. Mieux, annonce son président, elle continuera à assurer les enseignements jusqu’en octobre 2018 pour les bacheliers 2017 et les masters pour permettre de satisfaire les volumes horaires.
ndieng@lequotidien.sn

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