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Les avocats de Rui Pinto ont confirmé qu’il a bien remis un disque dur à la plateforme africaine de protection des dénonciateurs. Les données qu’il contient portent sur l’acquisition frauduleuse de biens par Isabel Dos Santos, la fille de l’ancien Président angolais José Eduardo Dos Santos.
Les données ont été ensuite remises au Consortium international des journalistes d’investigation qui, après enquête, a révélé le dossier des «Luanda leaks».
Ce scandale, outre Isabel Dos Santos et son mari Sindika Dokolo, implique également quatre hauts responsables d’entreprises portugaises liées aux affaires de Isabel Dos Santos. Ils sont tous formellement accusés par la justice angolaise. L’un d’entre eux s’est suicidé la semaine dernière.
Les «Luanda leaks», tout comme les «Football leaks», pourraient encore rebondir. Une infime partie seulement des données fournies par le lanceur d’alerte portugais a été décryptée.
Rui Pinto s’apprête à affronter son procès à Lisbonne. Il encourt 25 ans de prison et on ignore si sa dénonciation des crimes des «Luanda leaks» joueront ou non en sa faveur.
Rui Pinto est en attente d’être jugé pour tentative d’extorsion et crimes informatiques. Joint par Rfi, Maître William Bourdon, un de ses avocats, revient sur son cas. «Le Portugal est un magnifique pays, mais il y a un réseau de corruption souterrain très puissant, d’ailleurs commun avec tous les acteurs qui gravitent autour de Isabel Dos Santos. Ces gens-là continuent à bénéficier d’une impunité quasi-totale et celui qui devrait être célébré, eh bien lui, il est lourdement criminalisé. Tous ces acteurs gambadent pour l’instant dans les rues de Lisbonne ou dans le monde sans être inquiétés. Il y a là une espèce de grand écart où tout le monde va dire qu’il est insupportable, mais je pense que l’histoire est de son côté. Rui Pinto est maintenant une sorte de Edward Snowden de la corruption internationale. Il va contribuer à faire ramener des sommes considérables dans les caisses du Trésor public portugais, évidemment angolais et peut-être d’autres pays. Et un jour, j’en suis sûr, l’histoire lui donnera raison», a déclaré Maître William Bourdon.
rfi.fr

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