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L’aveu du ministre de l’Econo­mie, des finances et du plan reconnaissant que le Sénégal fait face à des problèmes de trésorerie, inquiète les parents d’élèves et étudiants au moment où les milliers d’étudiants orientés dans les instituts privés d’enseignement supérieur sont dans la rue parce que cesdits établissements qui les accueillent ne sont pas rentrés dans leurs fonds. Le président de l’Union nationale des associations de parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapes) estime que l’Etat peut et doit trouver une solution à ce problème, malgré les difficultés financières auxquelles il est confronté. Selon Abdoulaye Fané, les prévisions ayant été faites c’est de l’argent qui devait être dans les caisses depuis longtemps. D’autant plus que c’est l’Etat qui a décidé à travers le ministère de l’Ensei­gnement supérieur du nombre d’étudiants qui seront orientés dans le privé.  «Cette question est une surpriorité et l’Etat doit trouver une solution au plus vite. Il y va même de la crédibilité du ministère de l’Economie et des finances, puisque c’est lui qui dégage ces montants. Même si l’Etat a des difficultés financières, il doit régler ce problème parce qu’au-delà des conséquences pour les étudiants, ce serait une catastrophe que les instituts privés mettent la clé sous le paillasson parce que l’Etat ne les a pas payés», a-t-il fait savoir.
Le président de l’Unapes, qui invite l’Etat à s’acquitter de cette dette, estime qu’il doit prendre ses responsabilités. D’après lui, il est incompréhensible que les autorités prennent la décision d’orienter des étudiants qui devaient l’être dans les universités publiques dans le privé et ne payent pas ces instituts. S’offusquant de cette situation, M. Fané trouve inadmissible que «40 000 étudiants soient laissés en rade». «Nous serons toujours du côté des étudiants pour défendre leurs intérêts. Nous ne pouvons pas comprendre qu’ils soient victimes de cette situation alors qu’ils n’ont pas décidé d’aller étudier dans les instituts privés de l’enseignement supérieur», a-t-il encore déploré. Le président de cette association de parents d’élèves est convaincu qu’une solution peut être trouvée pour éviter de jouer avec l’avenir de ces enfants. D’ailleurs pour lui, l’Etat peut négocier avec les instituts privés de l’Enseigne­ment supérieur afin de trouver «un moratoire». Ce qui, à son avis, permettra à l’Etat de payer «la moitié» et d’échelonner le reste du montant.
Les instituts privés d’enseignement supérieur ayant accueilli des étudiants orientés par l’Etat lui réclament 13 milliards de francs Cfa de dette. Le ministre de l’Enseignement supérieur a toujours soutenu que l’Etat va payer, mais la dernière sortie du directeur du Budget n’a pas été rassurante. Ce dernier soutient qu’il faut d’abord faire un audit pour être sûr du montant exact que l’Etat doit payer. Pendant ce temps, les étudiants orientés dans ces instituts ne savent plus à quel saint se vouer, ayant été expulsés de leurs écoles.
dkane@lequotidien.sn

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