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Le combat mené par le Réseau des associations pour la protection de l’environnement et de la nature (Rapen) de Bargny contre la centrale à charbon fait des émules hors de nos frontières. Des activistes ivoiriens en ordre de bataille pour la même cause dans leur pays sont présentement au Sénégal pour s’imprégner de la stratégie qu’a déployée le Rapen contre la centrale à charbon de Sendou. «Nous nous sommes déplacés pour venir ici parce que la communauté d’ici a lutté pour que la centrale ne marche pas. Il fallait vraiment venir ici pour prendre l’exemple de ce pays dont la lutte a vraiment porté ses fruits», a expliqué Mathilde Boko, présidente des femmes transformatrices de produits locaux de San Pedro.
Ces activistes ont fait savoir que la communauté commence à prendre conscience des dangers qu’elle encourt avec une centrale à charbon. «Les communautés riveraines commencent à se rendre compte de la situation, se mobilisent et mettent en place un comité de surveillance pour exprimer leur mécontentement contre ce projet fossile», a renseigné la déclaration conjointe lue lors de la rencontre avec les journalistes au siège du Rapen. «Les Osc de l’environnement de San Pedro demandent l’abandon du projet de la centrale à charbon par les autorités ivoiriennes», ont-ils poursuivi. «Ici, l’activité principale tourne autour de la pêche et la centrale est implantée sur un lieu où l’activité a lieu. A San Pedro, c’est certes au bord de la mer dans deux villages, mais ce sont des plantations qui sont là-bas. Ils y ont pris 207 hectares», a noté Marcel Téré Gnessoa, président de l’Association développement durable.
Ces activistes exhortent d’ailleurs les chefs d’Etat africains et parlementaires à s’impliquer pour la lutte contre le charbon en Afrique. «Nous demandons à nos chefs d’Etat de se tourner résolument vers l’exploitation des énergies renouvelables. Nous sollicitons nos parlementaires pour un regard critique sur les projets soumis à leur approbation», a-t-il ainsi signifié.
L’érection d’une centrale à charbon d’une capacité de 700 mégawatts à San Pedro (sud-ouest) a été annoncée en décembre 2016 par le gouvernement ivoirien. Depuis lors, les communautés riveraines s’agitent pour faire infléchir l’Etat.

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