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Le Sénégal et l’Organisation internationale de Police criminelle (Oipc-Interpol), ont signé un protocole d’accord pour assurer la mise en place effective du Système d’information des polices de l’Afrique de l’Ouest (Sipao).

Le Sénégal et l’Organisation internationale de police criminelle (Oipc-Interpol) se sont donné la main pour mettre en place le Système d’information des polices de l’Afrique de l’Ouest (Sipao) pour lutter contre la criminalité transnationale et le terrorisme. «En signant ce protocole (d’accord), j’officialise l’engagement de notre pays en faveur de la mise en œuvre du programme Sipao», a affirmé Aly Ngouille Ndiaye. Le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique tient en compte la situation sécuritaire volatile en Afrique de l’Ouest où certains Etats sont déstabilisés par les attaques terroristes de grande envergure. «Le paysage sécuritaire en Afrique de l’Ouest est de plus en plus complexe du fait de la convergence de nombreuses tendances criminelles transnationales. L’instabilité notée dans certaines parties de cette grande région offre un terreau fertile aux organisations criminelles internationales et groupes armés qui y trouvent de nouvelles manières de développer les réseaux de trafic de stupéfiants, d’armes et de migrants. Ce n’est qu’en agissant de concert que nous pourrons endiguer ces fléaux», se laisse convaincre le patron de la Place Washington, qui régule la politique sécuritaire du pays, qui a inscrit dans le Plan Sénégal émergent (Pse), un axe stratégique réservé essentiellement aux questions de paix, de sécurité des personnes et des biens. Ces questions sont essentielles pour déterminer un climat favorable aux activités économiques et sociales. Pour l’ex-ministre de l’Energie et des mines, «ces objectifs ne seront atteints dans un espace marqué par une libre circulation des personnes et des biens et des difficultés de sécurisation des frontières que par une coopération policière et judiciaire effective, dont le premier jalon est le partage de données criminelles».
Le programme Sipao, piloté par la Cedeao, financé par la commission de l’Union européenne, vise à relever les défis en matière de sécurité auxquels sont confrontés les pays d’Afri­que de l’Ouest en leur assurant une collecte efficace d’informations policières par le biais d’un système national centralisé et en donnant la possibilité de partager les informations recueillies au niveau national, régional et international. Donc, estime M. Ndiaye, la signature de ce protocole «ouvre une ère nouvelle dans la collaboration entre les services chargés de l’application de la loi et offre une nouvelle dynamique dans l’échange d’informations».
Aujourd’hui, les questions techniques sont presque réglées : selon Aly Ngouille Ndiaye, le point focal national, les experts techniques et juridiques ont été désignés, le Comité national Sipao, connu sous le nom de Wannaco, a été mis en place et les locaux ont été identifiés et soumis à l’avis des experts pour héberger les serveurs de stockage des données et abriter le personnel dédié au programme. Karl Alexandre, directeur exécutif d’Interpol, a rappelé que le Sénégal a rejoint le programme en novembre 2017. «Les premières prises de contact avec les autorités locales ont été engagées en février 2018 et ont permis de sensibiliser les autorités locales sur l’importance de cet outil de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale en Afrique de l’Ouest», s’est-il souvenu.
mfkebe@lequotidien.sn

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