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Les Assises africaines de l’intelligence économique en cours à Dakar ont servi hier de cadre pour proposer des pistes de solutions contre la cybercriminalité. Des experts en la matière recommandent la mise en place d’un référentiel national de formation et une opérationnalisation des différents politiques, lois et moyens de lutte contre ce fléau des temps modernes.

A l’image de la France, les acteurs sénégalais de la lutte contre la cybercriminalité plaident pour la mise en place d’un référentiel national de formation sur lequel s’identifiera tout ce qui se fait en intelligence économique. «Chacun a sa compréhension, mais il y a un référentiel national qui est partagé et sur la base duquel toutes les formations se font, toutes les compréhensions en matière d’intelligence économique et autour duquel est axée l’information stratégique au cœur de laquelle se trouve la sécurité de l’Etat», a expliqué hier Socrate Babacar Diallo. Il s’exprimait au cours d’un panel sur l’intelligence économique dans le cadre des Assises africaines de l’intelligence économique qui ont été lancées hier pour deux jours.
«On parle de compétitivité de l’entreprise, mais aussi de sécurité de l’Etat, notamment en identifiant les secteurs stratégiques, clés, dont on doit tout faire pour que l’information stratégique ne soit pas dilapidée, mais capturée au détriment de l’intérêt national», a poursuivi le directeur de l’Ecole panafricaine d’intelligence économique et stratégique de Dakar.
Dans ce contexte de découverte du gaz et du pétrole et la mise en exploitation de ces ressources qui va certainement donner une nouvelle orientation de la trajectoire de l’économie et de la société sénégalaise, Ibrahima Wade, directeur général du Bureau opérationnel du Plan Sénégal émergent, recommande «une certaine maîtrise de l’information et de la décision si nous ne voulons pas nous tromper». En fait, il est aujourd’hui inimaginable de vivre sans internet, ces Nouvelles technologies de l’information et de communication (Ntic) qui ont fini d’améliorer nos conditions de vie. Pourtant, leur utilisation n’est pas sans danger, d’après Amadou Bamba Thiam. «Les technologies auxquelles nous faisons recours disposent des informations essentielles qui, si elles tombent entre les mains de cybercriminels, peuvent générer des conséquences désastreuses», a prévenu l’expert en cybercriminalité qui a été un des panélistes. Pour lui, l’une des priorités pour les pays émergents comme le Sénégal est la protection des infrastructures routières, aériennes et même des bâtiments. «Si les gens qui utilisent ces infrastructures ne sont pas informés des dangers qui peuvent provenir d’une mauvaise utilisation des systèmes d’information utilisés au niveau de ces infrastructures, cela peut poser problème», a encore alerté M. Thiam. D’après cet expert, «tout comme les techniciens n’ont plus besoin de déplacement physique pour faire des dépannages électriques parce qu’à partir du centre des opérations ils ont la possibilité de réparer toutes sortes de panne au niveau national, les cybercriminels aussi peuvent utiliser les systèmes d’information d’une infrastructure pour faire mal» ; d’où l’importance de la protection de l’information.
Selon l’angle d’attaque, les différents panélistes ont donné chacun son point de vue par rapport à l’intelligence économique en Afrique. Et tous sont d’accord sur une chose : «Qui détient l’information détient le pouvoir.» Mieux, Socrate Babacar Diallo est convaincu que «qui diffuse l’information détient le pouvoir». Aussi étaient-ils d’accord sur la nécessité de mettre en place un référentiel national de formation sur la cybercriminalité, l’opérationnalisation des moyens de lutte contre ce phénomène. «Il y a nécessité de passer au-delà de l’adoption des lois et politiques vers l’opérationnalisation», ont-ils insisté.
ksonko@lequotidien.sn

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