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Le Sénégal a lancé une campagne de sensibilisation pour la prévention et la lutte contre l’Influen­za aviaire hautement pathogène (Iahp) et les autres pathologies. L’objectif est de protéger un secteur qui a fait, entre 2000 et 2015, des pas de géant.

La filière avicole du Sénégal a fait un bond important entre 2000 et 2015. En effet, de 500 mille poussins de chair en 2000, le Sénégal a dépassé la barre des 35 millions en 2015 avec un chiffre d’affaires (œufs de consommation, viande blanche) de 117 milliards de francs Cfa. Ainsi, pas moins de 30 mille exploitations inférieures ou égales à 500 sujets sont dénombrées dans le pays, d’après les chiffres de l’Interprofession avicole du Sénégal (Ipas). Seulement, le secteur pourrait mieux faire s’il n’y avait pas cette pression dans la zone des Niayes. En effet, la réduction des espaces au détriment des activités de production liées à l’essor des pôles urbains, le difficile accès au foncier et le renchérissement des coûts d’acquisition freinent l’élan de cette filière. Et cela, conjugué au risque d’épidémie de grippe aviaire constaté en Afrique, peut littéralement tuer le secteur.
C’est dans ce contexte qu’il a été lancé hier la campagne de communication et de sensibilisation à la prévention et à la lutte contre l’influenza aviaire hautement pathogène (H5n1) et les autres pathologies aviaires. L’objectif est de sensibiliser sur l’importance de la prévention contre l’Iahp dans la zone des Niayes, regroupant les acteurs de la filière avicole, les autorités locales, les relais communautaires et les ménages. Ce qui va permettre de renforcer la coordination intersectorielle de prévention et de contrôle de l’Iahp au Sénégal.
Il faut noter que c’est en 2006 que le premier cas de grippe aviaire a été signalé au Nigeria. Mais à cette période, le Sénégal avait déjà un plan national de prévention et de lutte contre la grippe aviaire vieille d’une année. C’est ce qui permet au pays de sortir indemne de cette pathologie. En 2014, la réapparition de foyers de la souche H5n1 de l’influenza aviaire hautement pathogène en Afrique de l’Ouest ainsi que la propagation des souches H5n8 et H5n5 en Europe et en Asie constituent une menace pour le Sénégal. Et conscient que la communication joue un rôle important et stratégique dans le renforcement des actions de prévention et de contrôle de la maladie dans la gestion d’une crise en santé animale, le ministère de l’Elevage et des productions animales, en partenariat avec la Fao, entend faire de la maîtrise de la communication par les services de vétérinaires  une nécessité.
A ce titre, Aminata Mbengue Ndiaye se veut claire : «Qu’il soit clairement précisé aux journalistes qu’il n’y a pas encore de cas de grippe aviaire au Sénégal. Je ne veux pas qu’on paralyse le marché du poulet sur une erreur», taquine-t-elle.
mgaye@lequotidien.sn 

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