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Le Coordonnateur national de la Cellule de lutte contre la malnutrition, Abdoulaye Kâ.

Des clignotants en vert dans la lutte contre la malnutrition à Thiès. Avec un taux de 1,3% au mois d’octobre, soit moins que le pourcentage national de malnutris, de 2,5% sur la même période, le taux de malnutrition dans le département de Thiès est en baisse.

Les chiffres ont été fournis par le Coordonnateur national de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm). Abdoulaye Kâ estime : «Les données collectées lors de la dernière campagne de dépistage que nous avons menée dans le département de Thiès, en octobre 2020, ont révélé un taux de malnutrition aiguë modérée de 1,3 % dans le département de Thiès. Et à la lumière du classement de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), 1,3% est une situation au vert». Il s’exprimait en marge d’une cérémonie de remise de sept tonnes de farine enrichie aux enfants malnutris de moins de 5 ans de six régions du Sénégal, à savoir Thiès, Dakar, Diourbel, Kaolack, Louga et Saint-Louis. Le patron du Clm de poursuivre pour relever : «Sur 2220 enfants dépistés en 2020, nous avons eu seulement 13 cas de malnutrition aiguë modérée. Et ces 13 cas font partie du 1,3 % que nous avons recensé globalement dans le département de Thiès.» Pour simplement dire, selon M. Kâ, «on ne parle plus de malnutrition sévère, la situation n’est pas du tout inquiétante». A ce titre, il invite «tous les acteurs à la poursuite des actions de sensibilisation et de prévention, afin qu’il n’y ait plus d’enfants malnutris». Et c’est pour maintenir cette tendance baissière, dit-il, que cette dite cérémonie de remise de farine a été organisée avec le soutien de l’Union européenne et de l’Agence italienne de coopération pour le développement. Car pour Stéphane Devaux, chef d’équipe emploi et croissance inclusive de l’Union européenne, «la malnutrition est un enjeu-clé pour la santé des populations et pour le développement économique du pays. Pas simplement la santé. Elle est un enjeu qui se traite à des niveaux différents». Il peut s’agir, selon lui, «de la qualité des aliments, de la diversification de ces aliments, comme il peut s’agir aussi de tout un ensemble de précautions que les mamans peuvent apprendre à diversifier, enrichir l’alimentation de leurs enfants pour les préserver de situations de malnutrition. Tout cela pour créer une santé meilleure pour la population». Aussi M. Devaux a dit tout l’engagement de l’Ue «à poursuivre sa collaboration avec l’Etat du Sénégal, à travers la Clm pour éradiquer totalement ce phénomène d’ici quelques années». Un phénomène d’ailleurs toujours présent dans des régions comme Kolda, qui affiche un taux de prévalence de 5 %, note Abdoulaye Kâ, Coordonnateur national de la Clm. «Au niveau national, nous avons pu toucher, lors de la dernière campagne, plus de 700 mille enfants et nous avons un niveau de malnutrition de 2,5%. La région de Kolda a le niveau le plus élevé de malnutrition.» Et de se réjouir de l’arrivée de ce don «dans un contexte de crise sanitaire due à la pandémie du Covid-19, dont les effets sur l’état nutritionnel des enfants ne sont pas encore connus». Parce que, à en croire M. Kâ, «la pandémie a entraîné un arrêt total de l’aide fournie par la Clm à quelque 400 collectivités territoriales du pays». Toutefois, indique-t-il, «des actions fortes ont été menées pour préserver la santé et la croissance des enfants âgés de moins de 5 ans avec la distribution en cours de 228 tonnes de farine à 227 316 enfants, dont l’âge varie de 6 à 23 mois. Ils ont reçu, chacun, l’équivalent de 3 kg de farine améliorée, soit 1 kg par mois». Ce qui a d’ailleurs permis aux femmes ciblées «d’assurer à leurs enfants une alimentation nutritive, pendant cette période avec l’aide des relais communautaires du Programme de renforcement de la nutrition mobilisés pour aider les femmes à bien utiliser la farine».

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