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La lutte contre la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans est un combat de longue haleine que le Sénégal est loin d’avoir gagné. Selon le coordonnateur de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm) Abdoulaye Kâ, le Sénégal n’en est qu’à 30% de ces objectifs. D’ici 2025, les besoins financiers pour atteindre un pourcentage compris entre 5 et 10% et de prévalence de la malnutrition aiguë sont estimés à quelque 206 milliards de francs Cfa.

La lutte contre la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans est un combat de longue haleine. Selon le coordonnateur national de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm), la bataille contre la malnutrition est encore loin d’être gagnée. Le Sénégal, qui s’est fixé des objectifs sur un horizon de 5 ans, n’est encore qu’à 30% de ces objectifs. «Nous sommes peut-être à 30% de notre objectif parce que le Plan stratégique multisectoriel de la nutrition nous guide dans nos actions à l’horizon 2025», a-t-il précisé hier au terme d’une visite de presse dans les zones d’intervention du Projet d’amélioration de la réponse des communautés les plus vulnérables face aux crises nutritionnelles et alimentaires dans les départements de Kanel, Podor, Matam et Ranérou, le projet Yellitaare. «Nous ne sommes pas encore au stade où nous pouvons dire que nous avons éliminé la malnutrition. Yellitaare est un projet de 3 ans. Nous avons un impact clair. Nous savons que la situation nutritionnelle des enfants s’est améliorée. Nous avons moins de crise, mais nous savons qu’il faut du temps pour rendre nos différents systèmes résilients», explique-t-il. Du temps pour vaincre le spectre de la malnutrition devenue récurrente dans certains régions du pays, particulièrement celles du nord, c’est ce que la Clm propose. En effet, selon le coordonnateur, la question reste complexe. «Lorsque vous passez d’un niveau de causes, il y a toujours d’autres causes que vous rencontrez et qui touchent certaines tranches de la population. Si vous allez dans le Ferlo, les populations sont dispersées et nous faisons face à des contraintes physiques d’accès.» En effet, les causes de la malnutrition sont multifactorielles. «En plus du suivi pondéral des enfants, la Clm a renforcé son paquet de services en proposant en complément des activités anciennement déroulées et toujours déroulées, la lutte contre les déterminants de la malnutrition», explique la directrice de la Communication de la Clm, Adama Cissé. Ainsi, aussi bien l’agriculture que l’élevage, la pêche ou l’assainissement, tous les secteurs qui peuvent contribuer à la sécurité alimentaire des ménages ont un rôle clé à jouer dans cette lutte, explique-t-on.

Des besoins de financement de 206 milliards
Le combat contre la malnutrition nécessite également de gros financements. Selon Abdoulaye Kâ, le Sénégal s’est fixé des objectifs dans son Plan stratégique multisectoriel de la nutrition (Psmn). Dans ce document, il affiche son ambition d’avoir une prévalence de la malnutrition entre 5 et 10%. «Ce que nous prévoyons en 2025, c’est d’être dans une situation acceptable et que le Sénégal se retrouve entre 5 et 10% par rapport à la malnutrition chronique. Et pour les 10 années qui vont suivre, en 2035, nous retrouver avec moins de 5% pour cette forme de malnutrition», informe M. Kâ. Et pour atteindre ces cibles, les besoins en financement sont importants. «Les besoins financiers pour le Plan stratégique multisectoriel de la nutrition sont précisément de 206 milliards pour les cinq années. A partir de 2025, nous allons fixer les besoins financiers jusqu’en 2035 et ensuite tous les cinq ans.» Selon M. Kâ, les réflexions sont en cours pour chercher les moyens de mobiliser ces financements. «Nous avons fait l’étude financière parce qu’il ne s’agit pas seulement d’identifier les besoins, mais il s’agit aussi d’identifier ce qui est disponible au niveau des programmes des différents ministères. Ce qui nous reste à faire aujourd’hui, c’est de s’entendre avec le gouvernement sur comment résorber le gap.» Selon M. Kâ, d’ici mai prochain, la Clm compte organiser avec les partenaires une table ronde pour réfléchir sur la meil­leure façon de résorber ce gap.
Yellitaare arrive à son terme cette année. Le Projet d’amélioration de la réponse des communautés les plus vulnérables face aux crises nutritionnelles et alimentaires dans les départements de Podor, Matam, Ranérou et Kanel, Yellitaare, a vu le jour en 2016 avec l’octroi par le gouvernement espagnol, avec l’appui de l’Union européenne, d’un financement de 5,9 milliards de francs Cfa. Le projet vise à améliorer la réponse des communautés vulnérables face aux crises nutritionnelles et alimentaires. Au total, 104 mille 920 bénéficiaires directs sont attendus et 200 mille bénéficiaires indirects pour les quatre années du projet. «Yellitaare ne veut pas seulement faire des réalisations, mais éliminer toutes les formes de malnutrition et un système qui puisse être pérennisé. Il s’agirait de rendre le système de santé sensible à la nutrition de manière durable, rendre notre écosystème agricole sensible à la nutrition», indique M. Kâ.

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