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La Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm) prend le témoin de la lutte contre la malnutrition et la pauvreté des mains du projet YaaJeende après 7 ans d’intervention dans les localités de Kédougou, Tambacounda, Matam et Kolda. Un ensemble d’outils, de bonnes pratiques et de technologies innovantes a été mis à la disposition de la Clm pour bien mener cette tâche.

Après 7 années de mise en œuvre, le projet Usaid/­YaaJeende passe le témoin de la lutte contre la malnutrition à la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm). YaaJeende, terme pulaar qui signifie «abondance, prospérité», est un projet du gouvernement américain au Sénégal qui utilise l’approche de «l’agriculture tournée vers la nutrition» pour créer un secteur agricole dédié à la production d’aliments sains et dans la foulée lutter contre la malnutrition et la pauvreté. La cérémonie de signature de la convention de capitalisation a eu lieu hier. La Clm est une structure désignée, plus «outillée» pour continuer la lutte, selon Abderhamane Djiré, directeur adjoint et responsable Opérations terrain de Yaa­Jeende.
La cellule va entamer ce travail avec des outils, de bonnes pratiques et de technologies innovantes que YaaJeende a expérimentés pendant des années. Parmi ces outils, le directeur adjoint du projet cite le Plan communal de lutte contre l’insécurité alimentaire. Un plan qui répond à la problématique de la prise en charge des questions de malnutrition dans les planifications à la base. «Ce plan matérialise au niveau de nos planifications à la base dans les communes comment on traite les questions de sécurité alimentaire et de malnutrition», soutient-il. Au-delà du plan, il y a le Grenier des enfants qui est un outil développé et pratiqué dans les communes par YaaJeende. «Dans chaque village, les femmes et mêmes les hommes mettent en commun des céréales et des légumes. Et à partir de ces céréales et légumes, ils prennent en charge les enfants malnutris. Cela a contribué à réduire le nombre d’enfants malnutris», révèle M. Djiré. Il ajoute : «C’est à travers des outils comme ça que nous sommes arrivés à réduire la malnutrition. Il y a aussi le programme groupe Debbo galle, l’horticulture à travers les micro-jardinages, le passage d’actifs productifs, le don de petits ruminants…»
Le coordonnateur national de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm), Abdoulaye Kâ, promet une bonne utilisation de ces outils surtout dans le cadre de la mise en œuvre de nouvelles politiques de nutrition et du nouveau Plan stratégique de nutrition. Dans cette nouvelle politique, l’Etat a également mis l’accent sur comment développer une agriculture pour une bonne nutrition. Conscient que la nutrition est une question transversale et multisectorielle avec plusieurs déterminants dont l’agriculture, l’insécurité alimentaire, la pauvreté, le genre et des problèmes de comportement, le gouvernement développe dans ce plan une approche multisectorielle.
Un plan qui fera face à un défi de la mobilisation des ressources. Mais pour le coordonnateur, des budgets sont déjà disponibles dans les différents ministères concernés par la lutte contre la malnutrition et la pauvreté. Mieux, souligne-t-il, «la plupart des cas sont des interventions qui sont mises en œuvre. Il suffit de dialoguer et de négocier pour pouvoir réorienter ou faire un effort marginal pour avoir plus d’impact», soutient optimiste M. Kâ.
En tout cas YaaJeende, en 7 ans de mise en œuvre, a réalisé d’importants résultats dans les zones d’intervention, notamment les régions de Kédougou, Matam, Kolda et Tambacounda. Le projet a touché 850 mille personnes, 110 mille foyers et a concerné 42 communes. Les interventions ont permis de réduire de 17,9% le taux de prévalence des enfants souffrant d’insuffisance pondérale et de 31% le taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans.
ndieng@lequotidien.sn

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