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Louise Cord, Directeur des opérations de la Banque Mondiale au Sénégal.

La malnutrition affecte une part importante des enfants de moins de 5 ans. Mais en dix ans de mise en œuvre, le Programme national de renforcement de la nutrition (Prn) a obtenu des résultats probants. Des performances qui lui ont valu les félicitations de la Banque mondiale.

Au Sénégal, la malnutrition affecte principalement les en­fants de moins de 5 ans, principalement dans les régions sud et centre. En 10 ans, le Pro­gramme national de renforcement de la nutrition (Prn) a permis de faire baisser la prévalence de ce mal. Raison pour laquelle le programme a obtenu hier les félicitations de son bailleur, la Banque mondiale. Le rapport d’évaluation, montre qu’entre 2000 et 2015, la malnutrition chronique est passée de 29 à 20,55%. Dans le même temps, la malnutrition aiguë est passée de 10 à  7,85% et l’insuffisance pondérale de 20,3 à 15,5%. Ces résultats ont été obtenus grâce au Programme national de renforcement de la nutrition (Prn) qui intervient dans 385 communes du pays. «Nous couvrons 70% des communes du Sénégal et avons pour ambition la couverture totale», explique le secrétaire exécutif de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm), Abdoulaye Ka. «Si vous allez dans les zones d’intervention, vous allez trouver des relais communautaires qui sont en train d’assurer la prise en charge des enfants de moins de 5 ans qui sont dépistés à la malnutrition aiguë. Lorsque nous sommes au mois de juin, on est dans une dynamique de prévention pour faire face à la période de soudure qui est très critique pour les enfants. Mais de manière continue, les enfants de moins de 2 ans sont suivis mensuellement pour s’assurer qu’ils ont un gain de poids adéquat et qu’ils ne tombent pas malade», poursuit M. Ka.
En dehors de ces actions sur les enfants, le Prn a également développé un programme à destination des ménages les plus pauvres. C’est dans ce cadre que ces ménages ont pu recevoir des chèvres qui permettent de renforcer la sécurité nutritionnelle des enfants, tout en assurant aux parents la possibilité de prendre en charge des dépenses im­prom­ptues comme la santé. Ces actions sont importantes, com­me le souligne la directrice des Opérations de la Banque mondiale à Dakar. Citant des études scientifiques, Mme Louise Cord explique que «les retards de croissance dans la petite enfance sont associés à un développement physique et cognitif réduit. Ce qui, plus tard, se traduit par des performances scolaires et des perspectives professionnelles plus faibles, et finalement des revenus plus bas dans la vie adulte». La réussite de ce programme est ainsi saluée par la Banque mondiale. Et selon Mme Cord, il s’agit là d’une performance «très très, rare» dans la mesure où seuls 2% des projets atteignent ce niveau de satisfaction.
«Nous sommes jugés sur notre niveau de décaissement. Et pour ce projet, nous avons obtenu des taux au-delà de 95%, voire même 99%. Le niveau d’atteinte des objectifs est aussi évalué et ce sont ces résultats que nous avons dépassés qui ont été appréciés», se félicite M. Ka.
Il faut dire que ce programme a bénéficié d’un financement de la Banque mondiale d’une valeur de 35 milliards de francs Cfa. Au final, il a permis d’obtenir des acquis non négligeables avec la mise en place d’un programme national offrant des services de nutrition, l’amélioration des connaissances, l’adoption de comportements favorables à une bonne nutrition et l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants.
Dans leur évaluation, les experts de la Banque notent que la réduction par celle-ci du financement initialement prévu a eu pour conséquence de réduire les zones d’intervention et les activités ciblées. Mais pour les prochaines années, indique Mme Cord, le Prn reste une bonne base pour aller vers des programmes d’éducation précoce et de stimulation des enfants de moins de 5 ans.
mamewoury@lequotidien.sn

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