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Le cheval est un ami de l’homme. Mais au Sénégal, quand les équidés ne subissent pas de traitements inhumains, ils travaillent à transporter de la marchandise et des personnes. Une étude menée par l’Ong Brooke a évalué la contribution économique de ces animaux. Les résultats montrent que les véhicules hippomobiles sont un élément important pour la mobilité des populations, mais aussi que les équidés de trait contribuent de manière significative à la couverture des besoins de base des ménages et à la lutte contre la pauvreté.

Si pour certains le cheval est un compagnon fidèle de l’homme, pour d’autres, il est aussi la principale source de revenus. Au Sénégal, les équidés sont utilisés pour transporter des personnes, des marchandises, mais aussi pour l’agriculture. Une étude menée par l’organisation non gouvernementale Brooke est allée au fond des choses en évaluant la contribution économique des équidés. L’étude a permis de démontrer que les véhicules hippomobiles restent un élément important pour la mobilité des populations, com­me à Touba où ils transportent jusqu’à 225 mille personnes par jour. «L’insertion des véhicules hippomobiles dans le tissu de transport en milieu urbain peut être perçue par certains comme source de nuisance et de problèmes dans la circulation, mais elle n’en demeure pas moins un élément important pour l’accès de beaucoup d’usagers au service de transport de personnes et des marchandises diverses pour accéder à des zones dans la ville qui ne sont pas couvertes par les véhicules motorisés ou qui coûteraient trop cher si on faisait recours à ces derniers», estime l’étude qui propose à la place des politiques répressives, que certaines communes n’hésitent pas à mettre en place, une prise en compte du transport hippomobile en milieu urbain dans les politiques publi­ques.
Menée dans plusieurs localités du pays, aussi bien en zone urbaine que rurale, l’étude souligne que l’utilisation des équidés de trait pour le transport de personnes et de marchandises offre des opportunités de revenus aux conducteurs de véhicule hippomobile. «Les recettes brutes journalières réalisées par les véhicules hippomobiles sont en moyenne de 6 926 F pour les calèches, 5 175 F pour les charrettes asines et 6 934 F pour les charrettes équines». Ces données démontrent l’importance de ce mode de transport qui génère, pour les conducteurs de calèche, des revenus équivalents au revenu journalier d’un travailleur manuel non qualifié qui se situe entre 2 500 et 3 000 F. «Les charrettes asines génèrent un revenu journalier net assez modeste de moins de 2 000 F Cfa par jour. Pour les charrettes équines, le conducteur réalise en moyenne un gain de 7 000 F Cfa par jour», conclut l’étude. Si les revenus sont très variables d’une localité à une autre, à Pikine, le conducteur de charrette peut réaliser un revenu net de 7 800 F alors qu’à Touba, ce revenu n’est que de 2 500 F par jour, révèle l’étude. En effet, à Pikine avec ces marchés comme celui du marché Syndicat, ce mode de transport convoie jusqu’à 1 720 tonnes de marchandises par jour contre 1 300 tonnes à Guédia­waye et 1 588 tonnes à Thiès.

Contribution aux besoins de base des ménages
En outre, l’étude révèle que les conducteurs tirent l’essentiel de leurs revenus de cette activité. «Globalement, les conducteurs enquêtés tirent entre 72 et 88% de leurs revenus totaux de l’exploitation du véhicule hippomobile. Les revenus générés par les véhicules hippomobiles sont en priorité destinés à l’achat de nourriture et ensuite viennent la couverture des frais destinés aux dépenses de santé et à la scolarité des enfants». A Pikine, 90% des conducteurs mentionnent une utilisation d’une partie des revenus pour le paiement de la location. L’étude qui s’est aussi intéressée aux charges des conducteurs relève que l’alimentation des animaux est le souci majeur. «On note que l’alimentation est le souci majeur des conducteurs de véhicule hippomobile et constitue la dépense quotidienne à assurer avant toute autre. La part des recettes réservée aux soins de santé reste relativement modeste, bien qu’il ne soit pas rare de constater un état corporel assez médiocre des animaux, avec souvent des plaies mal soignées.»
Selon les auteurs, les équidés de trait contribuent de manière significative à la couverture des besoins de base des ménages et à la lutte contre la pauvreté.
mamewoury@lequotidien.sn

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