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Thiès fait partie des régions ciblées pour dérouler la phase 2 du Programme d’alphabétisation et d’apprentissage des métiers pour la lutte contre la pauvreté (Palam). D’un coût global de 13,7 milliards de F Cfa, il s’inscrit dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse) pour favoriser des groupes vulnérables du milieu rural.

Choisie à l’instar de Kaolack et Fatick par le Programme d’alphabétisation et d’apprentissage des métiers pour la lutte contre la pauvreté (Palam), Thiès a abrité hier un atelier régional de restitution des résultats de l’étude de base des zones d’intervention du projet. Lequel est un programme d’éducation de base et de formation destiné aux enfants dans la tranche d’âge 9-15 ans déscolarisés, non scolarisés ou venant des daaras, pour leur permettre de se réinsérer dans le système éducatif formel ou de les récupérer afin de les encadrer pour en faire de jeunes entrepreneurs qui restent dans leur village. Il devra s’agir, selon la coordonnatrice Khady Fall Mbacké, de leur donner une formation qualifiante à travers l’expertise locale que nous avons transformée en maître d’apprentissage et les appuyer en matériels. La formation de 14 à 18 mois sera sanctionnée par un Certificat d’aptitude professionnelle pour les meilleurs et pour le reste par un Certificat de compétence. Après leur formation, le programme se chargera de les accompagner dans la création d’entreprises. S’agissant de la région de Thiès, les participants ont beaucoup insisté sur la question des critères de sélection des départements devant bénéficier du Palam 2. Ils se sont posé la question de savoir «comment aucune localité du département de Thiès n’a été retenue pour bénéficier de ce programme qui, après la période test, a engagé sa phase extension». Ce, d’autant que «l’objectif principal de ce projet est de contribuer à réduire la pauvreté chez les jeunes et les femmes en milieu rural par le biais de l’éducation, la formation et l’accès aux services de microfinance». Une interrogation d’autant justifiée que si «le critère de pauvreté est celui déterminant dans le ciblage des localités bénéficiaires, le département de Thiès n’est pas mieux nanti que ceux de Mbour et Tivaouane pour se voir laissé en rade». Pour eux,  «la pauvreté est partout présente dans les familles en zone rurale. En atteste l’exode massif des jeunes filles qui abandonnent les écoles pour aller vers les centres urbains». Selon eux, si «le critère de pauvreté est le facteur déterminant de ce ciblage, l’éligibilité du département de Thiès où le seuil de pauvreté est très élevé ne devrait en principe souffrir d’aucun conteste». En réponse, la coordonnatrice signale que «la pauvreté n’est pas le seul déterminant». Elle explique : «Non seulement il est impossible dans un programme de prendre en charge tous les départements du pays, mais aussi trois critères ont prévalu dans les choix. Il s’agit de la pauvreté, du taux d’analphabétisme et du niveau d’éducation. Et  sous ce rapport, le département de Thiès, compte tenu du nombre important d’écoles préscolaires et élémentaires, de collèges d’enseignement moyen, de lycées et l’université qu’il renferme, est loin d’être une cible sensible par rapport à la question.» Elle ajoute : «Dans toute action, il y a des orientations de départ. Nous avons dit un programme de lutte contre la pauvreté et en milieu rural. Tous ceux qui sont intervenus ont parlé du département de Thiès, de certaines communes. Nous sommes d’accord qu’il y a toujours des poches de pauvreté même dans les plus grandes villes du monde, mais nous avons fait un choix qui repose sur le niveau de pauvreté, le taux d’analphabétisme, mais aussi le niveau de scolarisation. Ce sont ces trois éléments croisés qui nous ont permis de faire des choix dans les trois régions d’extension que sont Fatick, Kaolack et Thiès. Il s’est aussi agi de voir les cibles qui sont laissées en rade que sont les enfants de 9 à 15 ans, surtout les filles qui sont beaucoup pénalisées.» Le secrétaire général du ministère de la Femme, de la famille et du genre, Sidy Guèye, qui a présidé la rencontre, a quant à lui insisté sur les indicateurs fournis par l’Ansd en 2015 dans la région de Thiès. Il indique que «la situation économique et sociale de la région se caractérise par une incidence de la pauvreté de 41,3%, des taux d’alphabétisation et de scolarisation globale respectivement de 53,8 et 53,4%, et l’extrême jeunesse de la population». Aussi, «l’autre facteur non moins important qui a motivé le choix de cette région est le souci d’opérer un maillage territorial cohérent, homogène et harmonieux des interventions du programme dans la partie centrale de notre pays, en regroupant les régions de Diourbel et Kaffrine (de la phase pilote), Fatick, Kaolack et Thiès pour la deuxième phase».
nfniang@lequotidien.sn

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