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La Cité du Rail a abrité le week-end dernier la troisième édition de la Journée nationale de la calebasse de solidarité, organisée par le Réseau national des organisations de lutte contre la soudure et l’endettement (Renolse), avec l’appui de la coordination nationale d’Action de carême (Agribio services). Une journée d’échange et de partage sur l’approche calebasse de solidarité, mais également sur les résultats obtenus dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire, notamment la soudure et l’endettement. Selon Djibril Thiam, coordonnateur national d’Action de carême Suisse au Sénégal, le projet «Calebasse de solidarité a été démarré dans les années 2000 et nous avons été très surpris par la vitesse à laquelle les populations se sont appropriées cette démarche de financement solidaire. Et chaque année, il y a de nouvelles évolutions, parce qu’en 2018, on avait 1 040 calebasses et en 2019 on a dépassé les 2 000 calebasses. Cela montre l’impact que les calebasses ont au niveau des communautés, mais surtout l’appropriation que ces dernières font de cet outil de promotion sociale et solidaire». A l’en croire, «la lutte contre la pauvreté au Sénégal doit reposer sur deux principes fondamentaux que sont la solidarité et la croyance en ses capacités internes. Deux principes qui sont réunis autour des calebasses solidarité et que tous ensemble nous travaillons à promouvoir». D’ailleurs, selon M. Thiam, «c’est ce qui a permis la montée en puissance de ces calebasses qui poussent comme des champignons à travers les neufs régions de la zone d’intervention du programme». Un programme qui, dit-il, «couvre également les zones périurbaines pour rester en phase avec sa politique de réduction des inégalités et de lutte contre toutes les formes d’usure». Selon M. Thiam, «au début, quand nous avons démarré le programme, on pensait que la soudure existait seulement en milieu rural, mais aujourd’hui, une étude menée en 2016 dans les zones de Thiès et Kaolack a montré que la soudure et l’endettement n’étaient pas seulement le propre des couches démunies du monde rural et qu’effectivement la soudure et l’endettement frappent aussi en zone périurbaine comme d’ailleurs en milieu urbain où certains salariés mêmes vivent la soudure. Et si vous prenez 100 calebasses, les 40 sont en milieu urbain et périurbain».

«Une forme de microcrédit»
A sa suite, la directrice de l’Encadrement de l’économie sociale et solidaire du ministère de la Microfinance et de l’économie solidaire, Mme Khady Samba, qui a présidé la rencontre, a salué la pertinence d’une telle démarche. Surtout qu’il s’agit avec ces calebasses de solidarité d’accompagner les couches les plus démunies et de leur permettre de faire face efficacement à l’épineuse question de la soudure et de l’endettement. En effet, dit-elle, «ces calebasse, de par leur fonctionnement, peuvent être comprises comme une forme de microcrédit avec une approche typiquement sénégalaise, reposant sur la proximité et la contribution volontaire pour financer des projets avec souplesse et réduire par une solidarité agissante les inégalités et protéger les membres contre toutes les formes d’usure et visant le renforcement de la solidarité». Selon Mme Samba, «il est heureux de constater que les calebasses de solidarité sont un important outil qui permet d’atteindre des résultats significatifs, notamment un meilleur accès aux services sociaux de base des bénéficiaires comme entre autres l’amélioration de l’alimentation des populations en quantité et en qualité, mais aussi et surtout la réduction de la dépendance aux financements extérieurs». Elle affirme : «Les calebasses de solidarité entrent en droite ligne de la politique de l’économie sociale et solidaire. Laquelle se définit comme étant l’ensemble des activités économiques à finalité sociale en environnementale, mais aussi un facteur d’inclusion et une alternative crédible et prometteuse.» Ainsi, la directrice de l’En­cadrement de l’économie sociale et solidaire estime que «la multiplication et la diversification des calebasses de solidarité interpellent son département à plus d’un titre». Mais, suggère-t-elle, il «faudra travailler à ce qu’elles soient un puissant instrument de mobilisation de l’épargne pour financer des activités productives, mais aussi pour veiller à ce qu’elles ne se développent pas en marge du système de financement décentralisé, mais plutôt qu’elles soient en articulation et en parfaite harmonie avec ce système. Il nous faudra donc établir des synergies et des passerelles appropriées entre les calebasses de solidarité et les systèmes financiers de base». Elle relève dans son speech la disponibilité de son département à collaborer avec l’Ong Action carême Suisse à travers le Renolse au bénéfice des populations cibles.
nfniang@lequotidien.sn 

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