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Pour lutter contre la prolifération des armes de petits calibres, éviter les conflits fonciers et instaurer la sécurité humaine en Casamance, le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (Malao) a placé la femme au cœur de ses activités de formation et de sensibilisation.

Les femmes du Sud, détentrices de secrets acquis dans le bois sacré, doivent pouvoir participer à la lutte contre la prolifération des armes car, explique-t-on, les armes légères ont fait beaucoup de victimes (meurtres, braquages armées). Faisant le bilan de ses activités menées au cours de l’année hier à Dakar, lors de sa Journée de communication institutionnelle, le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (Malao) a beaucoup investi sur les femmes de la Casamance dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de Formation sur les armes légères au Sénégal (Falsen), financé par la Fondation Konrad Adenauer. En effet, l’Ong a eu à dérouler plusieurs types d’activités, dont des programmes de renforcement de capacités sur trois thématiques : la sécurité humaine, la gestion foncière dans les collectivités locales, mais surtout le rôle et la place de la femme dans l’édification de la paix en Casamance.
En ce qui concerne ce dernier point, les experts sur la gouvernance sécuritaire ont constaté que dans la tradition diola, la femme occupe une place centrale et «ce sont elles en réalité qui sont poussées à aller défaire le serment du bois sacré». Elles ne sont pas visibles, mais dépositaires de beaucoup de secrets. C’est pourquoi le Malao a mis la femme au cœur de ses activités. De ce fait, 384 personnes (autorités administratives, politiques, associations féminines, femmes leader, groupements de jeunes, enseignants des zones de prolifération et de circulation illicite des Alcp) ont été formées et sensibilisées lors des activités de la Falsen 2016 qui ont permis de délimiter les axes de pénétration des Alpc, les foyers de fabrication artisanale d’armes, les zones des braquages et de promouvoir la sécurité humaine et la culture de la paix par la Société civile en Casamance.
Au cours de ces formations, l’accent a été mis sur le règlement de la question foncière pour éviter les conflits et l’utilisation des Alpc pour anticiper sur les éventuels conflits fonciers pouvant naître du retour des populations. En effet, l’importance de la question foncière a suscité un intérêt manifeste lié à l’appropriation arbitraire de terres au cœur du conflit et l’installation récente de populations dans des zones de cultures encore minées. A en croire Pape Mbengue, membre de Malao, cela risque d’hypothéquer le règle­­ment définitif du conflit casamançais avec le déplacement de populations, la disparition et le déplacement de certains villages aussi bien dans le Fogny que dans le Kassa. «Donc, le problème du foncier ne peut être esquivé dans la définition d’un programme de réinsertion de personnes déplacées», a-t-il soutenu.
Pour l’année à venir, le directeur exécutif du Malao, Honoré Georges Ndiaye,  annonce la création d’une base de données sur la criminalité transnationale ainsi que la formation de relais sur le foncier et la bonne gouvernance.
msfaye@lequotidien.sn

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