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Moussa Baldé, ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural.

L’agriculture biologique, une stratégie pertinente pour l’emploi des jeunes pour lutter contre la vague d’émigration clandestine notée au Sénégal. C’est ce qui ressort de la conférence nationale sur l’Agriculture écologique biologique (Aeb) bouclée, vendredi à Thiès. Ibrahima Seck, coordonnateur de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab), un des panélistes, pense que cette forme d’agriculture saine, «a les moyens d’employer des millions de jeunes s’il y a des investissements structurants». Il s’agit de «la maîtrise de l’eau, l’accès aux intrants biologiques, la mise en place de marchés nationaux sous régionaux et internationaux». S’exprimant en marge de la conférence sous le thème «L’agriculture biologique gage d’une émergence verte», organisée par la Fenab en partenariat avec la plateforme nationale Aeb, et regroupant l’ensemble des parties prenantes, notamment l’Etat, les collectivités territoriales, les Ong, le secteur privé, les consommateurs, M. Seck pense qu’avec l’agriculture biologique, «les jeunes pourront bien gagner leur vie, créer des emplois et des richesses et arrêter certainement cette émigration clandestine qui, en fait, aujourd’hui, nous interpelle tous». A l’en croire, l’Aeb offre beaucoup d’opportunités. «Nous avons des terres en milieu rural à mettre en œuvre. Aussi, au-delà de la production agricole sur toute la chaîne de valeur, on peut créer des emplois décents pour les jeunes», considère-t-il. Et d’assurer : «S’il y a une volonté d’accompagnement de l’Etat et des partenaires au développement, nous pouvons garantir que des millions de jeunes pourront véritablement rester dans les terroirs, créer des richesses et améliorer leurs conditions de vie. Nous pouvons en ce moment faire une bonne croissance des produits biologiques qui sont des produits qui favorisent la santé de l’homme, de l’animal et des écosystèmes. Mais aussi l’agriculture biologique permet la séquestration du carbone du sol, limite les gaz à effet de serre. Elle est aussi un puissant moyen de résilience d’atténuation et de d’adaptation aux changements climatiques. C’est donc l’agriculture du futur et l’agriculture de demain.»
Pour dire tout le sens de la rencontre pour «réfléchir ensemble sur les moyens et les stratégies à mettre en place pour le développement de l’agriculture biologique au niveau du Sénégal. Mais surtout aussi que l’Etat puisse avoir une volonté politique d’accompagner cette forme d’agriculture au même titre que l’agriculture conventionnelle».
Sur cet accompagnement de l’Etat, Amadou Oury Diallo, conseiller technique n°2 du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, annonce que son département ministériel envisage de consacrer une partie de la subvention des intrants, à l’achat d’engrais bio-organiques, pour soutenir l’agriculture biologique. «Aujour­d’hui, je peux vous donner une information que je peux partager, c’est qu’il y a une bonne initiative de prendre une partie du budget pour subventionner les engrais bio-organiques». Une telle décision, selon M. Diallo, devrait démarrer «cette année ou tout au plus l’année prochaine. Parce que ce sont des changements majeurs. Le ministre de l’Agriculture est vraiment dans cette optique-là de travailler dans ce sens-là, parce que cela fait un an que je travaille dans ce dossier». Surtout que «l’agriculture écologique a toujours été pratiquée, de manière traditionnelle au Sénégal, malgré une croissance de plus en plus importante de l’agriculture conventionnelle face au besoin urgent d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle». Mais précise-t-il, «l’impact des engrais chimiques est plus rapide que celui des engrais bio-organiques, mais ces derniers sont meilleurs pour la santé». A sa suite, le président de la Fenab, Doudou Diop, s’est réjoui de la décision du gouvernement d’affecter une partie du budget à l’achat d’engrais bio-organiques. Pour lui, «c’est une nouveauté, un progrès, un avancement que nous saluons». Selon le producteur bio, «c’est un niveau d’engagement jamais atteint auparavant par l’Etat par rapport à l’agriculture biologique».

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