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Le traitement du coronavirus avec la chloroquine est une piste sérieuse pour les autorités sanitaires du Sénégal. Après que le Pr Moussa Seydi a révélé que cette molécule était en train d’être utilisée avec des résultats encourageants, Le Quotidien a appris que l’Etat a acheté le stock de chloroquine détenu par les laboratoires pharmaceutiques privés du pays.

Le Pr Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital Fann, a révélé mercredi que le Sénégal est en train d’utiliser la chloroquine dans le traitement des malades atteints du coronavirus au Sénégal. Dans une vidéo, Pr Seydi avait fait savoir que les résultats obtenus étaient encourageants. Toute­fois, il avait mis en garde contre l’automédication et la prise de cette molécule par des personnes à qui ce n’est pas destiné. C’est sûrement pour parer à cette éventualité que l’Etat a acheté tout le stock de chloroquine des entreprises pharmaceutiques privées. Le Quotidien a appris que «le ministère de de la Santé et de l’action sociale a capté le stock et l’a mis à la disposition des centres de traitement des hôpitaux de Fann, Thiès, et autres». La même source renseigne qu’il s’agit des laboratoires privés «Cophagen, Labo­rex, Diopharm et Sodipharm». Il faut rappeler que la chloroquine utilisée aujourd’hui dans le traitement symptomatique du Covid-19 a été retirée du marché sénégalais depuis plus de 10 ans, mais il était auparavant dans la gamme des produits de la Pharmacie nationale d’approvisionnement. Maintenant qu’il est devenu, grâce aux travaux du Pr Didier Raoult, un infectiologue français basé à Marseille, une piste sérieuse pour le traitement du coronavirus, le ministère de la Santé va certainement demander à la Pna d‘assurer son approvisionnement.
Le traitement du Covid 19 avec la chloroquine est en train de susciter un débat entre les spécialistes de la santé. D’un côté il y a des médecins qui se sont alignés sur la position du Pr Raoult sur l’efficacité de cette molécule jusque-là connue dans le traitement du paludisme. Et de l’autre les sceptiques qui appellent à la prudence et qui demandent des tests supplémentaires avant de l’utiliser pour traiter le coronavirus. Du côté de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) aussi, les spécialistes se veulent prudents. Lors d’une conférence de presse virtuelle lundi dernier, le Directeur général de cette organisation faisant allusion à la polémique suscitée par cette solution «miracle» avait fait savoir que «des études réduites et non randomisées, réalisées à partir d’observations, ne nous apporteront pas les réponses dont nous avons besoin». D’après Tedros Adhanom Ghebreyesus : «Administrer des médicaments non testés, sans la preuve suffisante, pourrait susciter de faux espoirs et même faire plus de mal que de bien en entrainant des pénuries de médicaments essentiels pour traiter d’autres maladies.» En tout cas, des pays comme les Etats-Unis, le Maroc, l’Algérie sont en train de placer beaucoup d’espoir sur cette molécule. En France, le gouvernement a finalement autorisé la prescription de l’hydroxychloroquine aux patients atteints par le Covid-19. Une victoire pour Pr Raoult.

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