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Pour parer à toute attaque terroriste, le Sénégal ne veut pas se faire surprendre. Hier, les forces de défense et de sécurité, réunies autour du cadre de coordination Cico, ont procédé à une séance de simulation au Grand Théâtre. Le bilan fait état de 50 assaillants tués, deux victimes et des armes retrouvées. Une collaboration dont s’est réjoui le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, qui a tenu à rassurer que notre pays dispose des moyens pour faire face à ce genre d’attaques.

Il est 10h 30 mn au Grand Théâtre ce jeudi 27 février 2020. Un minicar de couleur blanche marque Citroën surgit de nulle part. On entend un premier coup de feu. Puis un deuxième devant la porte d’entrée des artistes. Les policiers prédisposés à la garde n’ont pas eu le temps d’agir. Ils ont été froidement abattus par les assaillants lourdement armés. Ce sont des hommes de noir vêtus dont certains avaient des écharpes de couleur rouge-blanc et d’autres portaient des uniformes noirs. Le chef de la bande se distinguait par sa tunique blanche assortie d’un pantacourt. Les assaillants ont aussi jeté sur les lieux attaqués des grenades lacrymogènes.
En descendant du véhicule, ils scandaient «Alahou akbar». Une fois dans l’enceinte, des coups de feu se sont fait entendre. C’est la panique générale qui s’est emparée des citoyens venus  assister à un concert.
D’après un policier de la 37e promotion qui suivait l’opération de simulation, le gouverneur de la région de Dakar est mis au courant de l’attaque et il ne va pas tarder à donner l’alerte. Dix minutes plus tard, un véhicule de la police arrive sur les lieux. Mais ses occupants n’entrent pas dans l’enceinte du théâtre. Ils garent leur véhicule devant la porte et prennent position. C’est après quelques instants que la fourgonnette de la police amène les éléments de la Bip, armés jusqu’aux dents. Ils forment trois groupes. Les deux premiers avancent de manière parallèle et entrent deux par deux. Le troisième groupe les rejoint à l’intérieur. Des coups de feu se font entendre de l’intérieur du Grand Théâtre. Après quelques instants, les premiers otages sortent par la porte latérale. Ils sont accueillis par un groupe d’éléments du Gmi (Groupement mobile d’intervention) prédisposés sur les lieux.
Mais il faut relever que toutes les issues du Grand Théâtre sont bouclées. Les entrées ne sont pas autorisées et les sorties sont strictement contrôlées. Deux journalistes qui s’aventuraient à passer devant les lieux de l’incident ont été interpellés.
Ils ne sont pas les seuls dans cette situation. Le rappeur Dj Awady, qui était au Grand Théâtre avec ses camarades, en a fait les frais. Après avoir pris une photo avec ses amis, il prend le volant de sa voiture avec deux de ses amis à bord. Arrivé à la porte de sortie, les policiers positionnés sur les lieux leur ont braqué leurs fusils et les ont obligés à descendre. Ils procèdent à leur fouille corporelle avant de les faire sortir, tout en laissant le véhicule dans la cour du Grand Théâtre.
La simulation donnait l’impression d’une réalité, car même sur la route nationale, la circulation était interdite aux véhicules. Les deux allées qui passent devant le Grand Théâtre étaient libres.
Au bout d’une vingtaine de minutes, ce sont les éléments spéciaux de l’Armée qui arrivent à bord de Pajero de couleur noire. Ces hommes, habillés en treillis, étaient armés jusqu’aux dents. Ils s’avancent vers le bâtiment qui fait face au Grand Théâtre. Un homme, qui était à bord d’un véhicule de couleur jaune, s’est vu intimider l’ordre de descendre. Il est plaqué par terre, menotté et la tête tournée vers un côté. Les éléments spéciaux avancent vers le bâtiment d’où étaient sortis les terroristes par petits groupes. Des coups de fusil se font entendre. Au bout d’une trentaine de minutes, c’est le calme plat. L’assaillant est neutralisé. Une équipe de démineurs, tout de jaune vêtus, avec des chaussures noires, arrivent sur les lieux. Ils entrent dans l’enceinte du bâtiment. Ils sont suivis par une autre équipe de démineurs habillés en blanc avec des bottes en plastique. Ces derniers tracent le périmètre de l’incident, puis procèdent à la vérification des bombes. Après cette étape, ils ont recensé tous les engins qu’ils ont trouvés sur place. C’est dans ces circonstances que la simulation a pris fin.
Le bilan, indique le commandant en chef, est très lourd. «Il y avait 50 personnes à terre (assaillants), deux morts, un téléphone trouvé par terre, une arme de type  kalachnikov, une personne atteinte par des produits chimiques, 36 otages dont 2 non identifiés, deux journalistes arrêtés quand ils voulaient traversaient la ligne de sécurité.»

Suffisamment de moyens pour faire face à ce genre d’attaques
Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, s’est réjoui de la collaboration dans le cadre de la Cico entre les différentes forces de défense et de sécurité. Selon lui, ce cinquième exercice de simulation pour parer aux cas d’attaques terroristes a été satisfaisant. «Nous avons constaté une évolution dans le comportement de nos hommes», dit-il. Avant de rassurer que notre pays dispose suffisamment de moyens pour faire face à ce genre d’attaques. «Depuis que le Président Macky Sall est arrivé au pouvoir, il a mis beaucoup de moyens pour la sécurité du pays aussi bien matériels qu’humains», révèle-t-il.
Concernant le choix du Grand Théâtre pour cet exercice, le ministre de l’Intérieur dit que c’est pour parer à toute éventualité, car il peut prendre jusqu’à 1 800 personnes et, souvent, les terroristes font des attaques dans des lieux où il y a beaucoup de monde.
Par ailleurs, Aly Ngouille Ndiaye a magnifié le soutien de l’Union européenne en ce sens. D’ailleurs, l’ambassadrice de l’Ue au Sénégal a promis d’accompagner notre pays dans ce programme qui vise à améliorer l’efficacité pour le maintien de la sécurité.

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