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La Haute représentante de l’Union européenne (Ue) et le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur ont eu hier une rencontre très «constructive». A Bruxelles, Mankeur Ndiaye a récolté plus 6,5 milliards F Cfa dans le domaine de la gestion des frontières qui débutera dans les prochains mois. Il remplace le projet d’appui actuel de près de 2 milliards F Cfa et «complétant les différents projets régionaux dans ce domaine». «Cela inclut notamment la construction de près de 25 poste-frontières conjoints ainsi qu’une assistance technique et la fourniture d’équipements aux services des Forces de sécurité chargés d’empêcher le trafic de migrants irréguliers», annonce le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. Il est prévu que «le renforcement de la coopération avec l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes sera poursuivi ainsi que la coopération régionale, en particulier pour démanteler les réseaux criminels».
Dans la même veine, les deux diplomates ont discuté du prochain sommet Ue-Afrique «en tant que réelle opportunité pour renforcer la relation entre les deux continents». «La Haute représentante s’est félicitée du renforcement de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité au Sénégal, ainsi que de l’engagement du pays à promouvoir la paix et la stabilité en Afrique, de sa participation significative aux opérations de maintien de la paix, et du rôle important qu’il a joué dans le règlement de la crise en Gambie», informe un communiqué du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. En écho à cette réaction de Mme Federica Mogherini, Mankeur Ndiaye a salué «la contribution significative de l’Union européenne, sous l’impulsion de la Haute représentante, au respect des principes démocratiques en République de Gambie».
Par ailleurs, les deux parties ont aussi parlé du Forum international sur la Paix et la sécurité en Afrique qui se déroulera, à Dakar, au début de novembre. Cette plateforme est une occasion pour nouer un «dialogue stratégique sur les réponses communes qui seront développées en réponse aux menaces telles que la radicalisation et l’extrémisme violent, les trafics illicites, l’insécurité maritime, la dégradation de l’environnement et la prolifération des armes, ainsi que l’établissement d’une sécurité durable en Afrique».
L’autre volet de ce tête-à-tête entre le chef des diplomaties sénégalaise et européenne est la lutte contre les migrations illégales. Les deux diplomates «ont réaffirmé leur engagement commun à poursuivre la coopération dans le domaine de la migration, conformément aux objectifs du processus de La Valette et de son Plan d’action approuvé en 2015».
Aujourd’hui, des progrès ont été accomplis pour réduire «les départs clandestins». «Dans ce cadre, plus de 160 millions d’euros ont déjà été mobilisés pour soutenir le Sénégal dans la gestion de la migration et pallier ses causes profondes, à travers le Fonds fiduciaire pour l’Afri­que. A la fin de 2015, plus de 230 mille ressortissants sénégalais résidaient de façon régulière en Europe et ont ainsi contribué au développement socio-économique de leur pays d’origine, mais aussi à celui de leur pays d’accueil. Entre 2014 and 2016, 58 ressortissants sénégalais ont bénéficié des opportunités et bourses du programme d’échange Erasmus. En 2017, les universités ont introduit des demandes de financement pour 209 échanges avec le Sénégal», se félicite le ministre des Affaires étrangères et de Sénégalais de l’extérieur. Au-delà de cette coopération, il y a aussi le combat contre les réseaux clandestins qui envoient mourir dans la méditerranée des centaines de migrants qui constituent une «préoccupation commune».
bsakho@lequotidien.sn

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