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En prélude à la Journée de l’agro-écologie qui se tient le 31 janvier, les entités impliquées à l’événement ont effectué une tournée dans la zone des Niayes. Une visite de terrain sur l’axe Bayakh-Diender-Keur Moussa pour jauger le terrain afin d’étoffer davantage le mémorandum à remettre au chef de l’Etat le jour-j. Keur Moussa a été un cas d’école avec des pratiques simples pour contrer l’érosion hydride. «Nous avons été confrontés pendant de nombreuses années à l’effet des eaux de ruissellement qui ont même engendré des cas de décès dans le passé.  En plus de la menace réelle sur les vies, le ruissellement procédait à un lessivage de la terre, emportant sur son passage l’humus et autres éléments nutritifs du sol. C’est à partir de 2006 que nous avons commencé, avec l’encadrement d’Enda Pronat, à réaliser des techniques pour récupérer les terres qui nous faisaient vivre et que le ruissellement et les ravins ont rendues impraticables à l’agriculture», a expliqué Daouda Diouf, chef du village de Landou. L’œuvre réussie dans sa phase pilote a permis de la dupliquer dans les villages environnants tels Santh Serigne Toni et Lello. «Grâce à ce procédé, nous avons récupéré 11 hectares de terre», a affirmé le chef de village, se réjouissant davantage des rendements importants réalisés à partir de 2008. «C’est un paquet de huit ouvrages qui interagissent pour lutter contre ce ruissellement. On peut en citer notamment le cordon pierreux qui brise la vitesse de l’eau pour faciliter l’infiltration. On peut voir aussi la demi-lune qui est un ouvrage de ralentisseur, d’infiltration et de rétention de l’eau et les tranchées à ciel ouvert. Il y a aussi les ponts filtrants pour traiter les gros ravins et faciliter les voies d’accès des populations et des paysans dans le site», a détaillé Ibrahima Ciss d’Enda Pronat, structure partenaire avec la fédération paysanne Wooté benno indi natangué (Woobin). Après ces belles performances, l’inquiétude des populations du village de 1 800 âmes est réelle. Pour cause, les travaux de l’Etat sont venus empiéter sur les espaces déjà récupérés. «Nous sommes des agriculteurs et avons réussi à reprendre plusieurs hectares. On a atteint notre objectif, mais la venue des projets de l’Etat comme le Ter, l’autoroute à péage et l’aéroport de Diass va anéantir tous nos efforts. Des surfaces importantes récupérées grâce aux efforts des populations et de nos partenaires sont en train d’être reprises pour ces travaux», a regretté le chef de village de Landou. Ces craintes et d’autres dans les zones visitées à l’image du manque d’eau pour l’agriculture dans la zone de Diender ainsi que le problème de semence vont être les socles du mémorandum que les initiateurs de la Journée de l’agro-écologie vont présenter dans le but de consolider la transition agro-écologique par une dynamique nationale multi acteurs.

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