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Face à l’expansion du phénomène de l’émigration clandestine, le Sénégal et l’Espagne se sont lancés à la chasse des trafiquants de migrants.

Avis aux passeurs de migrants : le Sénégal et l’Espagne sont à leurs trousses. En visite hier à Dakar, le ministre espagnol de l’Intérieur s’est mis d’accord avec son homologue sénégalais pour le renforcement de la lutte contre le trafic de migrants. Pour lutter contre ces organisations criminelles, Fernando Grande-Marlaska Gómez a préconisé la surveillance des côtes atlantiques au Sénégal, en Gambie et en Guinée Bissau. Dans cet axe d’accostage de pirogues, les candidats, attirés par l’odeur forte de la mer et le parfum de l’Europe, affluent depuis quelques mois. «Nous avons exposé nos différentes préoccupations : c’est de renforcer la surveillance avant le départ des migrants. C’est absolument nécessaire. La formation qui lie l’Espagne, l’Union européenne au Sénégal doit être élargie à la Gambie voire même à la Guinée Bissau. On peut fermer toutes les frontières, mais on ne peut pas interdire à un Sénégalais d’aller en Gambie. A partir de ce pays, il peut également aller en Europe», a souligné Aly Ngouille Ndiaye, ministre sénégalais de l’Intérieur.
Face à la délégation ibérique, le dirigeant sénégalais a affiché la détermination du gouvernement à barrer la route aux passeurs. Et bien sûr, il a cité l’arrestation de 14 personnes présumées trafiquants de migrants à Rosso en juin dernier et l’incarcération de 3 autres, interpellées il y a 10 jours à la Porte du Millénaire. «Depuis 2010, il y a un nombre très peu de pirogues sénégalaises arrivées aux Iles Canaries. Nous sommes conscients que cela est dû au travail du Sénégal depuis ses côtes et à toute la politique de prévention et de lutte contre les organisations criminelles qui trafiquent avec des personnes», a salué M. Gomez.
Cependant, Aly Ngouille Ndiaye a appelé les deux pays à accroître les moyens de surveillance au niveau de la mer. «Il faut des moyens maritimes et aériens. Je peux considérer que c’est un problème. Nous devons renforcer le dispositif de renseignement et la synergie de toutes les forces. Nous avons suggéré que des pays comme la Gambie et la Guinée Bissau soit intégrés dans le dispositif», a-t-il proposé. En tout cas, la coopération policière de surveillance est «très efficace», a souligné le ministre espagnol, appelant à son renforcement.
bgdiop@lequotidien.sn

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