PARTAGER

Les journalistes ont un rôle primordial à jouer dans la prévention de la violence et de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et le Sahel. Une conviction du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (Unowas) qui a organisé un séminaire régional regroupant 16 pays et le Cameroun affecté par Boko haram. Les organisateurs veulent amener les médias à être plus conscients de leur rôle et plus actifs dans la sensibilisation de l’opinion contre les diverses expressions de violence et plus particulièrement dans la prévention de l’extrémisme violent en Afrique et dans le Sahel.

«Investir dans la paix et prévenir la violence en Afrique de l’Ouest et au Sahel» : Tel est l’objectif du Bureau des nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (Unowas, acronyme en anglais). L’Unowas, à côté de ses partenaires, s’est engagé conformément aux recommandations de la conversation de Dakar de juin de l’année dernière et aux orientations contenues dans le plan d’action du secrétaire général de l’Onu à prévenir l’extrémisme violent. Pour ce faire, l’institution régionale s’est adressée à toutes les parties prenantes, le milieu éducatif, les hommes politiques, mais cette fois-ci, elle veut entretenir avec les professionnels des médias qui, selon elle, jouent le rôle de garant de l’intérêt public.
Durant trois jours, l’Unowas, en partenariat avec l’Unesco, la Fédération africaine des journalistes issus des 16 pays couverts par le mandat de l’Unowas et le Cameroun, affecté le long de sa frontière avec le Nigeria par l’extrémisme violent de Boko haram, va voir dans quelle mesure les médias peuvent-ils apporter une contribution dans la prévention de la violence et de l’extrémisme violent. L’accent sera mis sur la radio communautaire qui utilise les langues locales dans les régions d’Afrique de l’Ouest et aussi la presse en ligne qui, selon l’Unowas, peut jouer un rôle central dans la lutte contre l’extrémisme violent et les discours haineux souvent diffusés en ligne. L’objectif étant de permettre aux médias et aux journalistes d’envisager un rôle plus actif dans la sensibilisation de l’opinion contre les diverses expressions de violence et plus particulièrement dans la prévention de l’extrémisme violent en Afrique et dans le Sahel, indique Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du secrétariat général et chef de bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Assez de moyens pour combattre l’extrémisme violent
Ali Demba Jawo, ministre de l’Information et des infrastructures de communication de la République de Gambie, anticipe sur les travaux et parle de professionnalisme dans le traitement de l’information relative aux conflits. D’ailleurs, la présente formation des journalistes va utiliser la publication Conflict sensitive reporting : state of the art : A course for journalists and journalism educators ; un ouvrage qui fournit des conseils pour mieux comprendre les conflits, leur résolution et le rôle des médias.
Mais que peut bien faire le journaliste dans un contexte où chacun peut virtuellement exercer le métier de journaliste et diffuser des messages de paix ou de haine ? Le journaliste a-t-il toutes les cartes en main pour contrecarrer ou combattre le discours de haine en ligne ? Bien sûr qu’il n’a pas toutes les cartes en main, répond Gwang-Chol Chang, directeur par intérim du Bureau régional de l’Unesco à Dakar. Mais, admet-il, les professionnels des médias disposent d’assez de moyens pour combattre l’extrémisme violent. «Ils peuvent user de leur pouvoir d’influence, mais aussi en informant les citoyens. Les médias permettent la participation au développement et renforcent les mécanismes de rétroaction de la responsabilité», souligne le représentant de l’Unesco à ce séminaire régional.
La tâche n’est certes pas facile et c’est tout le sens de cette session de formation. Elle va aider les pays de la région à développer et à adopter des politiques et stratégies nationales beaucoup plus axées sur la prévention et un peu moins sur la lutte contre l’extrémisme violent car, selon Gwang-Chol Chang, pour enrayer cette terreur, il faut s’adresser à ses causes. «Il ne suffit pas de lutter contre cette spirale négative, il faut la prévenir», conseille-t-il. Le meilleur moyen de désamorcer le processus de radicalisation, c’est «l’éducation aux droits de l’Homme, le dialogue, l’autonomisation des jeunes, femmes et hommes», relève-t-il.
En plus d’avoir un groupe de journalistes sensibles à cette problématique, il est aussi attendu au terme de ces trois jours de travaux la création d’un Réseau régional des journalistes et des médias sur la paix, la prévention de la violence et l’extrémisme violent, mais aussi le développement d’un recueil de bonnes pratiques, annonce le représentant de l’Unesco à Dakar.

ndieng@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here