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Tous les lutteurs qui devront s’expliquer le samedi prochain à l’Arène nationale se sont mis sur la balance pour la séance de pesage, ce lundi en direct sur la SenTv, à l’exception de Gris 2 qui croise Reug-Reug le 15 juin. Un geste déploré par les acteurs de la lutte.

Cherchant à innover pour donner un nouveau souffle à la lutte avec frappe, le promoteur Luc Nicolaï a pu saisir les obstacles à franchir pour convaincre les lutteurs à être beaucoup plus professionnels dans leur démarche.
Invité à se mettre sur la balance pour la séance de pesage, après le passage de son adversaire Reug Reug, Gris 2 a catégoriquement refusé. Comme explication, le frère de Gris Bordeaux avance des consignes venant de son staff. «J’ai beaucoup de respect pour Luc. Je me suis toujours plié à tout ce qu’il m’a demandé. Mais pour cette fois-ci, je suis désolé, je ne peux pas participer à la séance de pesage suite à des consignes venant de mon staff qui m’interdit une telle pratique.»
Une réaction qui a surpris le Mc du jour, Bécaye Mbaye, qui n’a pas manqué de dénoncer l’attitude du Fassois.

Fallou Ndiaye : «Il faut que les lutteurs s’adaptent afin
de convaincre
les sponsors»
A l’image du promoteur Fallou Ndiaye. «Le geste de Gris ne m’a pas plu. On a vu tous les lutteurs monter sur la balance à l’exception de Gris 2. Par ce geste, Luc Nicolaï a voulu innover. La lutte a besoin d’autres pratiques pour pouvoir se relancer», a tenu à souligner le promoteur. Selon lui, avec les problèmes notés dans l’arène avec la rareté des sponsors, «il faut que les lutteurs acceptent d’adopter une posture qui puisse permettre à la lutte de changer de paradigme. Une manière de convaincre les sponsors à revenir vers la discipline pour la soutenir», a-t-il argumenté. Soutenant que «le geste maladroit de Gris 2 peut rendre encore réticents les annonceurs qui attendent de voir la discipline leur proposer d’autres choses qui puissent accrocher».
Evidemment, à travers le geste du frère du 3e Tigre de Fass, d’aucuns ont avancé l’aspect mystique. «Les lutteurs de­vraient comprendre que c’est Dieu qui décide d’une victoire», tente de convaincre celui qui a salué l’initiative du promoteur mbourois. Mais ce dernier, dans sa volonté de moderniser la lutte avec frappe, semble buter face à certaines réticences des lutteurs qui sont issus d’un milieu ancré dans la tradition.

Boy Kairé : «Les lutteurs doivent mieux aider les
promoteurs… »
Si tous les autres lutteurs ont accepté de se faire peser, faut noter que le contrat signé avec le promoteur ne les obligent pas à le faire, fait remarquer Boy Kairé qui dit que si son fils «a accepté de se plier à cet exercice, c’est que nous avons fait preuve d’une compréhension au même titre que notre adversaire Quench. Faut savoir qu’aucun dispositif du contrat signé avec le promoteur ne prévoit cela», a tenu à préciser l’ancienne gloire qui ajoute que «Gris 2 n’encourt aucune sanction en refusant de se faire peser».
Tout en disant comprendre le geste du Fassois obligé de suivre les directives de ses encadreurs, Boy Kairé estime que «les promoteurs devraient être aidés dans leur volonté de rendre beaucoup plus professionnel notre sport national».
Faut noter que Gris 2 n’est pas le premier à refuser de monter sur une balance. Tapha Tine avait eu la même attitude lors de son combat contre Balla Gaye 2 qui n’avait pas hésité à communiquer sur son poids. Avec au bout une victoire sur le géant du Baol.
ambodji@lequotidien.sn

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